Au terme de 11 semaines d’audience, le procès en appel du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy s’est achevé ce mercredi après-midi 27 mai. Dans cette affaire, l’ex-président français a déjà été incarcéré 20 jours suite à sa condamnation à 5 ans de prison en première instance. L'accusation réclame en appel une peine de 7 ans. Face à la hauteur de l’enjeu, quatre avocats ont joint leurs forces pour plaider la relaxe de Nicolas Sarkozy. Dans ses derniers mots devant la cour d'appel de Paris, l’ancien président auquel sont revenus les derniers mots de cette audience.
Compte rendu d'audience au palais de justice de Paris ,
« Je suis innocent, j’aime mon pays et je ne peux pas croire que dans la France de 2026, un homme puisse être condamné à 7 ans de prison pour des faits qu’il n’a pas commis et pour lesquels après 13 ans d’enquête tous azimuts, il n’y a pas de preuves », a lancé Nicolas Sarkozy à la cour.
« Je n’ai pas trahi la confiance des Français » et « je veux dire aux parties civiles que l’injustice ne console pas », a-t-il ajouté, en répétant une énième fois, comme depuis le début de l’affaire : « Je n’ai pas reçu un centime de Kadhafi. »
L’ex-président est apparu ému. Il y a d’abord eu cette jambe qui tremble dès son arrivée à la barre, puis la voix qui parfois s’enroue… comme lorsqu’il évoque son passage en prison : « Ce n’est pas un président qui doit alors consoler ses enfants et sa femme, mais un homme comme les autres », dit-il.
Une voix qui vibre aussi de colère quand il revient sur le réquisitoire, et l’idée que le pacte de corruption aurait porté atteinte à l’égalité et à la transparence de la présidentielle de 2007 : « Je ne permettrais à personne de dire que l'élection a été biaisée, à personne ! », s’emporte Nicolas Sarkozy.
Il finit par insister lui-même : « Les derniers mots, c’est émouvant… Maintenant je vais attendre… Pas comme un ancien président, mais comme un homme qui va se demander tous les jours en se réveillant et tous les soirs : "Est-ce que je vais y retourner ?" ».
L’enjeu est grand pour Nicolas Sarkozy, car une nouvelle condamnation pourrait le renvoyer derrière les barreaux.
Il a débuté en disant : « Cette affaire de prétendu financement libyen de ma campagne a commencé dans le mensonge et le complot. Elle doit finir dans la vérité et la transparence ». Comprendre évidemment, de son point de vue, par la relaxe. C’est ce qu’ont plaidé durant plus de 6 heures ses quatre avocats autour d’un axe principal : l’accusation cherche à tout prix une condamnation alors que le dossier est vide. « Ça fait 13 ans qu’on cherche à toute force à impliquer Nicolas Sarkozy dans ce roman grotesque », a fustigé Me Ingrain.
« La participation personnelle de Nicolas Sarkozy n’est pas établie, tous les actes positifs sont attribués à d’autres », a aussi insisté l’avocat, en tentant de mettre le plus de distance entre l’ex-président et les autres prévenus condamnés avec lui pour association de malfaiteurs en première instance : ses collaborateurs Claude Guéant et Brice Hortefeux et les « agents de corruption » Ziad Takieddine et Alexandre Djouhri.
Mais a minima , la défense compte sur le bénéfice du doute : « Si vous ne devez penser qu'à une seule chose, c'est à ce doute abyssal qui traverse le dossier depuis le premier jour, et qui, à un moment, doit aboutir à rendre à Nicolas Sarkozy son honneur, par la relaxe que vous prononcerez », a conclu Me Schapira.
La cour a désormais six mois pour trancher. Décision attendue le 30 novembre.
