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immigrationvia RFI — France··3 min de lecture

France: la Cour des comptes dresse le bilan de la répartition territoriale des demandeurs d'asile

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Le contexte

La France fait face à un afflux important de demandes d'asile, particulièrement en Île-de-France, qui concentre une grande partie des demandes sans disposer des infrastructures nécessaires pour les accueillir. Depuis 2021, des dispositifs ont été mis en place pour orienter les demandeurs d'asile vers d'autres régions afin de désengorger la région parisienne.

Ce qu'il faut retenir

La Cour des comptes a publié un rapport sur la répartition territoriale des demandeurs d'asile en France, soulignant que 46% des demandes étaient enregistrées en Île-de-France, qui ne dispose que de 19% des capacités d'hébergement. Un dispositif d'orientation a été instauré pour proposer aux demandeurs d'asile de se déplacer vers d'autres régions. En 2024, 70% des demandeurs ont été hébergés, mais la Cour des comptes n'a pas établi de lien clair entre ce résultat et le dispositif d'orientation. Elle recommande d'étendre ce dispositif à la région Hauts-de-France, qui fait face à des capacités d'accueil saturées.

Ce que ça change

Le rapport de la Cour des comptes met en lumière les défis liés à l'accueil des demandeurs d'asile en France et propose des solutions pour améliorer la répartition territoriale. L'extension du dispositif d'orientation à d'autres régions pourrait permettre une meilleure gestion des demandes d'asile et une amélioration des conditions d'accueil pour les exilés. Cela soulève également des questions sur l'efficacité des dispositifs existants et la nécessité d'un suivi administratif pour éviter le retour à la rue des personnes accueillies.

L'article complet

Source originale sur rfi.fr

Dans un rapport à paraître vendredi 12 juin que RFI a pu consulter, la Cour des comptes rend ses conclusions sur deux dispositifs de répartition régionale des exilés. Une orientation sur l'ensemble du territoire français qui vise à désengorger l'Île-de-France, qui enregistre un très grand nombre de demandes d'asile sans pouvoir héberger les personnes concernées.

En 2020, 46% des demandes d'asile déposées en France étaient enregistrées en région parisienne. Mais l'Île-de-France ne détenait que 19% de la capacité d'hébergement nationale prévues pour les demandeurs, le temps que leur dossier soit instruit par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).

Pour répondre à cette problématique, les autorités ont mis en place dès 2021 « l'orientation régionale » des candidats à l'asile. Lorsqu'ils s'enregistrent dans l'une des préfectures d'Île-de-France, l'Office français de l'immigration leur propose d'être pris en charge dans une autre région. S'ils refusent, ils peuvent rester en Île-de-France mais ne pourront pas accéder à l'hébergement prévu pour les demandeurs d'asile ni recevoir l'allocation qui leur est réservée. Une façon, pour le ministère de l'Intérieur, de désengorger le dispositif d'hébergement parisien qui ne peut pas satisfaire toutes les demandes.

Chaque région s'est donc vu fixer un objectif de pourcentage d'accueil de demandeurs d'asile. Le taux a été fixé en fonction de plusieurs critères socio-économiques propres au territoire – comme le taux de chômage des habitants, par exemple. Quatre ans plus tard, la Cour des Comptes estime que ces objectifs sont globalement atteints. En 2024, 18 000 personnes ont accepté d'être orientées en région. Au total cette même année, 70% des demandeurs d'asiles ont pu être hébergés, sans toutefois que la Cour des Comptes puisse établir un lien clair entre ce résultat et le dispositif d'orientation. Ces données ne prennent d'ailleurs pas en compte ceux qui ont refusé l'orientation, attachés à la région parisienne pour des questions de « regroupements communautaires, ou de perspectives d'emplois », pointe le rapport.

Dans ses recommandations, la juridiction estime aussi que ce dispositif, jusque-là réservé à la région parisienne, devrait pouvoir être étendu à la région Hauts-de-France. Ce territoire, frontalier de la Belgique et du Royaume-Uni , était jusqu'à présent dispensé de participer à l'effort d'accueil, en raison du grand nombre de demandes qu'elle avait à traiter. Désormais, il voit lui-même ses capacités d'accueil saturées.

La Cour des comptes a aussi évalué un second dispositif de répartition territoriale : les sas régionaux. Dix centres d'hébergement temporaire sont répartis en France, comprenant une cinquantaine de places chacun. Objectif : accueillir les personnes étrangères sans abri lors du démantèlement de leur lieu de vie (ou « opérations de mises à l'abri », selon l'expression employée par les préfectures), l'essentiel des campements se trouvant en région parisienne. Entre 2023 et 2025, 8 000 personnes en ont bénéficié. Selon le rapport, ce dispositif constitue « indéniablement un progrès », puisqu'il a permis de désengorger le parc d'hébergement d'urgence francilien et « offert une prise en charge sanitaire, sociale et administrative » aux personnes qui ont accepté d'y séjourner.

Cependant, les sas pourraient davantage être « optimisés », conclut la Cour des Comptes, estimant qu'ils ont été « insuffisamment mobilisés ». Seul un peu plus d'un tiers des places disponibles ont été utilisées, notamment du fait de logements inadaptés à certains publics (les familles par exemple). En outre, ces personnes sont prises en charge pour une durée de trois semaines maximum. À leur sortie, elles sont supposées être prioritaires sur l'accès à l'hébergement d'urgence local. Or, rien ne permet de le vérifier puisqu'aucun suivi administratif n'est mené au terme de ces trois semaines d'accueil. Depuis leur mise en place, les associations qui viennent en aide aux exilés alertent sur un phénomène de « retour à la rue », et de retour en Île-de-France, à la sortie des sas régionaux.

Texte extrait depuis l'article original sur rfi.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur rfi.fr.

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