Le leader de Place publique a décidé de se donner trois mois pour "sillonner le pays et proposer un nouveau contrat patriotique" aux Français, engendrant des moqueries de certains de ses concurrents. D'autres doutent de sa volonté d'aller jusqu'au bout de son projet. Des critiques que son équipe balaie radicalement.
Il a choisi de prendre son temps. Mardi 26 mai, sur TF1, Raphaël Glucksmann a repoussé une éventuelle candidature à la présidentielle de 2027 à la rentrée politique , la dernière avant le départ d'Emmanuel Macron de l'Elysée. "Je me donne trois mois" , a affirmé l'eurodéputé pour décider de sa présence ou non à l'élection suprême. Un calendrier qui étonne, alors que le leader de Place publique semblait bien lancé pour se présenter avant l'été.
"Le calendrier fait totalement sens. Il aurait pu avancer seul, sans réfléchir au reste de la gauche, mais il a décidé de faire autrement" , avance Yaniss Lassal, trésorier de Place publique, le mouvement lancé par l'essayiste en 2018. Lors de ces fameux "trois mois" , Raphaël Glucksmann doit "sillonner le pays et proposer un nouveau contrat patriotique" , a-t-il détaillé sur TF1. "Il compte confronter cette vision à la rencontre des Français, en exposant ses idées" , poursuit Yaniss Lassal.
Les détracteurs de Raphaël Glucksmann, notamment au sein de La France insoumise, n'ont pas attendu pour moquer son choix de prendre la parole lors d'un journal de "20 Heures", très exposé médiatiquement, sans officialiser ce que beaucoup pressentent depuis de nombreux mois. "Glucksmann a fait le '20 Heures' pour annoncer qu'il prend de belles vacances" , a raillé Paul Vannier, l'un des cadres de LFI, sur X .
Pas encore officiellement candidat, Raphaël Glucksmann multiplie pourtant les signaux pour afficher sa volonté de concourir. Il y a d'abord un livre, Nous avons encore envie , qui paraît jeudi. Dans cet ouvrage, consulté par franceinfo, Raphaël Glucksmann revient sur son histoire personnelle et sur son lien quasi amoureux avec la France, mais n'oublie pas d'avancer de nombreuses propositions qui ressemblent à des axes de campagne présidentielle : une convention citoyenne sur l'immigration, l'instauration d'un service civique universel et obligatoire, un "passeport pour l'émancipation" ou encore un plan de rénovation thermique de toutes les écoles publiques, un sujet au cœur de l'actualité avec les très fortes chaleurs de cette fin mai . La parution de ce livre, passage obligé pour tout présidentiable, s'accompagne d'un plan média bien organisé, avec la parution d'extraits de son livre dans Le Nouvel Obs , un passage au "20 Heures" de TF1 et la matinale de France Inter le lendemain matin.
"La publication d'un livre, c'est une case obligatoire à cocher" : à un an de la présidentielle, les sorties littéraires des responsables politiques se multiplient
