La gendarmerie veut mettre fin à « l’angle mort » de l’estuaire de la Gironde, le plus grand d’Europe mais qui ne dispose d’aucune force de sécurité. Un partenariat avec le port de Bordeaux vise à créer une brigade nautique
La gendarmerie nationale et le Grand port maritime de Bordeaux (GPMB) doivent annoncer vendredi prochain 29 mai, à Bordeaux, un partenariat pour la création d’une brigade nautique affectée à la surveillance de l’estuaire de la Gironde. « On y travaille, on est aux prémices, explique le général Tony Mouchet, commandant de la région de gendarmerie Nouvelle-Aquitaine. Cela part d’un constat : l’estuaire se développe, il s’étend sur 75 km, soit 150 km de berges en zone gendarmerie, mais il n’y a aucune force de sécurité sur place. »
Il existe une brigade nautique à Arcachon, une autre à La Rochelle, mais aucune sur le plus grand estuaire d’Europe. « Il y a une forme d’angle mort dans cet estuaire qui peut être concerné par les narcotrafics, il est aussi question de la sécurité de la plaisance, avec 14 ports secondaires, il y a aussi une réserve écologique, accessoirement une centrale nucléaire… Soit on dit qu’il ne se passe rien sur cet estuaire, soit on contrôle réellement pour le savoir », justifie le général Mouchet.
Aux termes de ce partenariat, le GPMB met à disposition de la gendarmerie une embarcation avec son pilote, permettant de patrouiller le long de l’estuaire ou de conduire des opérations ciblées. L’objectif est de construire à terme une brigade nautique pérenne, mais pour l’instant elle est expérimentale. « C’est la première marche, le début d’une histoire », dit encore Tony Mouchet, très investi sur la suppression de cet angle mort de l’estuaire.
Parallèlement à l’annonce de ce partenariat, vendredi, une première sortie de la brigade doit avoir lieu au bout de l’estuaire, avec des missions de contrôle sur le bac Royan-Le Verdon, dans certains ports de la côte charentaise, mais aussi à terre, avec des gendarmes à motos tout-terrain.
Outre la fourniture de l’embarcation et du pilote, le port de Bordeaux assure aussi une mission de formation des gendarmes. « Il nous apporte sa connaissance de la navigation sur l’estuaire », explique le général Mouchet.
