Le recours aux outils d’intelligence artificielle générative progresse rapidement chez les mineurs et les jeunes adultes, soulevant des questions sur les risques d’addiction et d’isolement
L’utilisation de services d’ intelligence artificielle générative , comme ChatGPT, s’accélère chez les Français, en particulier chez les jeunes de 15 à 24 ans et chez les mineurs qui plébiscitent massivement les compagnons virtuels, selon un baromètre du régulateur du numérique (Arcom) publié mardi.
La fréquentation des robots conversationnels d’IA a connu une hausse de 34 % entre juillet 2025 et avril 2026, avec désormais plus d’un Français sur deux (56,6 %) qui a utilisé au moins un service d’IA en avril, d’après les chiffres de Médiamétrie. Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 15 000 personnes via un instrument de mesure automatique installé sur différents supports de consommation d’internet (ordinateur, tablette, téléphone).
Les jeunes entre 15 et 24 ans sont particulièrement friands de ces services d’IA avec un taux de pénétration de 69,2 % en moyenne chaque mois en 2025, pour une durée moyenne d’utilisation d’une heure cinquante-cinq, soit une durée plus élevée que l’ensemble des internautes (une heure vingt-six), d’après l’Arcom. Si la consultation de sites d’actualité reste forte chez cette tranche d’âge, le recours à l’IA a tendance à concurrencer l’utilisation de moteurs de recherche traditionnels et la visite du site Wikipédia, révèle le baromètre.
Par ailleurs, les mineurs de 12 à 17 ans se démarquent par leur utilisation intensive de l’IA avec 76 % d’entre eux qui ont visité au moins un service d’IA en avril 2026, pour une durée d’utilisation mensuelle moyenne de deux heures quarante en 2025. Après ChatGPT d’OpenAI, ils privilégient la consultation de compagnons IA qui permettent aux utilisateurs d’échanger avec des personnages générés par l’intelligence artificielle.
Ces compagnons IA personnalisables, comme ceux des entreprises américaines Replika et Character.AI, favorisent l’attachement des utilisateurs ce qui peut faire courir des risques d’addiction et d’isolement aux mineurs. Aux États-Unis, la Californie a régulé en 2025 l’utilisation des chatbots susceptibles de jouer un rôle de compagnon ou confident, après une série de suicides d’adolescents ayant noué des relations intimes fictives avec ces outils. En France, le gouvernement a commandé un rapport sur les dangers de l’IA générative, dont les recommandations préliminaires visent à instaurer des espaces sécurisés et adaptés aux mineurs sur les plateformes d’IA.
