Édouard Geffray souhaite garantir la diffusion systématique du guide de signalement des faits à caractère sexuel dans les établissements scolaires après le drame survenu la semaine dernière
Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé mercredi qu’il réunirait lundi les recteurs des académies pour leur rappeler l’importance de diffuser « systématiquement » le guide de signalement des faits à caractère sexuel dans les établissements scolaires. « Je vais réunir lundi tous les recteurs de France pour leur demander de bien veiller à ce que le guide de signalement publié en mars soit systématiquement partagé », a-t-il déclaré sur TF1, revenant sur le dossier de la petite Lyhanna, retrouvée morte jeudi et dont le principal suspect était visé par une plainte pour viols sur mineure .
🇫🇷📂FLASH INFO - Le ministre de l'éducation nationale Edouard Geffray assure que le principal enjeu est "d'identifier les personnes dangereuses et de les empêcher d’entrer" allant jusqu’à parler de mise en place de processus informatique.. pic.twitter.com/lcWb068X7U
« L’école est le premier signaleur de France à la justice », avec 80 000 signalements par an « toutes causes confondues », a-t-il ajouté. En début d’année, Édouard Geffray avait annoncé la publication d’un « protocole d’action » sous la forme d’un « guide » permettant aux « personnels (de) faire les signalements de manière homogène et standardisée ».
Le ministre a par ailleurs dit attendre « avec une certaine impatience » la constitution d’une « liste noire » des personnels interdits dans les établissements scolaires pour avoir eu des comportements déplacés avec des mineurs, une mesure qui devrait figurer dans le projet de loi sur la protection de l’enfance. Cette liste noire, qui empêchera toute forme de réemploi au sein de l’école des personnes révoquées de l'Éducation nationale en raison de leur comportement déplacé avec des mineurs, consiste à « faire de l’école un sanctuaire absolu » et « faire en sorte qu’on n’attende pas la condamnation pénale pour empêcher quelqu’un de revenir chez nous ».
Concernant le drame de Lyhanna , le ministre a assuré ne disposer d’aucun élément à ce stade « qui irait dans le sens d’une défaillance » de l'Éducation nationale, mais qu’il souhaitait « tout décortiquer ». « Il faut qu’on sache tout ce qui s’est passé », a-t-il affirmé. Il a confirmé qu’il y a cinq ans, un signalement visant le principal suspect Jérôme Barella « a été émis par une proviseure, alors qu’il était agent de la région parce qu’il avait une relation par SMS avec une élève » et qu’il avait été « immédiatement suspendu et licencié ».
Les services de l'Éducation nationale avaient-ils prévenu la gendarmerie dans la foulée ? « À ma connaissance, non, mais c’est une partie des choses qu’il faut vérifier, y compris parce qu’à l’époque, ils n’ont probablement pas considéré qu’une relation par SMS […] relevait du champ pénal ».
Le ministre avait précisé en janvier que « 30 à 40 » radiations de personnels de l'Éducation nationale étaient prononcées par an, sur 1,2 million d’agents, « pour des faits à caractère sexuel, envers des mineurs ou entre adultes ».
