Jean-Jacques Bridey à l'Assemblée nationale le 29 mai 2018. - Philippe LOPEZ / AFP
Jean-Jacques Bridey, ancien député socialiste puis La République en marche (devenue Renaissance) du Val-de-Marne, a été condamné jeudi 4 juin par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans d'emprisonnement avec sursis, 75.000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics et concussion.
"Vous disposiez de mandats depuis plus de vingt ans: il vous appartenait de prêter attention aux obligations qui étaient les vôtres en matière de rémunération au sens large", a relevé le président du tribunal en rendant son jugement.
Celui qui fut également maire de Fresnes (Val-de-Marne) - il a échoué à reconquérir son siège à la mairie en mars - était notamment poursuivi pour avoir dépensé quelque 145.000 euros supposément en frais de mandat de député, mais qui recouvraient en fait des séances de spa, des amendes pour des contraventions routières, des bouteilles de vin ou des vêtements féminins.
Lors de l'audience, le 3 avril, celui qui a été l'un des premiers socialistes à soutenir la candidature d' Emmanuel Macron à la présidence de la République dès 2016 avait expliqué son besoin de se "détendre" dans les bains bouillonnants ou assuré que les tenues litigieuses étaient destinées à sa collaboratrice lorsqu'elle était en représentation.
"Aucun lien avec l'exercice du mandat parlementaire", a finalement considéré le tribunal.
De même, les magistrats l'ont reconnu coupable de concussion, c'est-à-dire le fait d'avoir perçu des sommes indues , en l'espèce des indemnités de ses différents mandats dont le cumul dépassait de plus de 84.000 euros le plafond prévu par la loi.
En tout, l'ensemble des préjudices représente "230.000 euros, soit 3.200 euros par mois", a relevé le président du tribunal correctionnel, qui a prononcé l'"exécution provisoire", c'est-à-dire immédiate, de la peine d'inéligibilité: Jean-Jacques Bridey va donc être démissionné d'office de son mandat de conseiller municipale d'opposition de Fresnes.
L'ancien député a également été condamné à rembourser les 145.000 euros à l' Assemblée nationale , alors qu'une autre audience, prévue le 20 janvier, devra déterminer les préjudices des autres structures, dont la commune de Fresnes, qui se sont constituées partie civile.
