D’un côté, des négociations entre les États-Unis et l’Iran qui peinent à déboucher sur un compromis. De l’autre, une guerre qui continue de s’étendre au Liban au point de provoquer la convocation en urgence, ce lundi, du Conseil de sécurité de l’ONU, à la demande de la France. C’est dans ce contexte que l’Iran a affirmé ce dimanche 31 mai ne croire « ni aux paroles ni aux promesses » des États-Unis et conditionner toujours un éventuel accord à des garanties concrètes.
Alors que plusieurs médias américains avaient fait état ces derniers jours de progrès dans les discussions entre Washington et Téhéran, les responsables iraniens ont semble-t-il tenu à refroidir les spéculations. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a à la fois assuré que les échanges se poursuivaient, mais aussi estimé que les nombreuses informations circulant actuellement sur l’état des négociations ne devaient pas être prises pour acquises.
Cette prudence reflète la position affichée par les autorités iraniennes depuis plusieurs semaines : malgré la poursuite des discussions, elles estiment qu’aucun compromis ne peut reposer sur de simples déclarations d’intention.
Le message est encore plus clair du côté du Parlement iranien. « Nous n’approuverons aucun accord tant que nous n’aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis » , a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf, l’une des figures des négociations côté iranien.
Malgré les discussions en cours, plusieurs points continuent d’opposer les deux pays. Washington affirme vouloir obtenir des garanties définitives sur le programme nucléaire iranien. De son côté, l’Iran, qui nie vouloir se doter de l’arme nucléaire, poursuit d’autres objectifs. Les autorités iraniennes réclament notamment la levée des sanctions américaines ainsi que le déblocage de plusieurs milliards de dollars d’avoirs gelés à l’étranger.
La République islamique souhaite également conserver son influence sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole et l’un des principaux leviers du pays dans les négociations.
Le président américain continue pourtant d’afficher sa fermeté. Samedi encore, son ministre de la Défense Pete Hegseth assurait que les États-Unis restaient « plus que capables » de reprendre les hostilités contre l’Iran en cas d’échec des discussions.
Parmi les conditions avancées par Téhéran figure également la situation au Liban. L’Iran insiste pour que tout accord s’accompagne d’une fin des hostilités dans le pays, où Israël poursuit son offensive contre le Hezbollah, mouvement soutenu par la République islamique.
Or, les combats se sont encore intensifiés ces dernières heures. Dimanche, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé vouloir renforcer son offensive après la prise de la forteresse stratégique de Beaufort, dans le sud du Liban. Une avancée qu’il a qualifiée de « tournant décisif » .
Cette nouvelle escalade a d’ailleurs poussé la France à réclamer la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. « Rien ne justifie l’escalade majeure en cours au Sud Liban » , a déclaré Emmanuel Macron. La réunion doit se tenir ce lundi 1er juin.
Pour l’heure, malgré les échanges de propositions entre Washington et Téhéran, aucun accord n’a été annoncé. Et alors que les combats se poursuivent au Liban, l’une des principales exigences iraniennes est loin d’être satisfaite.
