Face aux violences survenues lors de la finale de la Ligue des champions, le gouvernement et les forces de l’ordre justifient leur gestion tout en s’interrogeant sur les racines de cette violence
L’exécutif ainsi que les autorités policières et judiciaires ont défendu ce lundi le dispositif de sécurité massif mis en place pour la finale de la Ligue des champions, insistant sur leur réactivité pour mettre un terme aux exactions.
« Moi, je suis ministre de l’Intérieur, je suis à la tête de services qui assurent le maintien de l’ordre qui sont là pour mettre un terme à des exactions, et c’est ce qui a été fait systématiquement », a asséné sur France Inter Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, très agacé par les mises en cause de l’ensemble de la classe politique. « Et s’il y a autant d’interpellations, c’est que ce travail a été évidemment bien fait », a-t-il relevé. Au total, samedi et dimanche, il y a eu « plus de 890 interpellations, en hausse de plus de 45 % » par rapport à 2025, lorsque le club parisien avait remporté son premier trophée européen.
Même tonalité de la part du préfet de police de Paris, Patrice Faure, qui sur RTL, a mis en avant une hausse des interpellations à Paris à mettre en regard avec « une baisse de 30 % des faits » par rapport à 2025. « Je ne suis pas responsable, moi, de cette jeunesse qui vient casser » et qu'« il faut distinguer » des « centaines de milliers de personnes (venues) pour faire la fête », s’est-il défendu. La veille, en condamnant les débordements et violences survenus samedi soir, Emmanuel Macron, président de la République, avait dénoncé des faits « inacceptables », exprimant son « ras-le-bol » tout en faisant la distinction entre vrais supporters et auteurs d’exactions. Jordan Bardella, président du RN, a lui carrément évoqué des « scènes de guerre civile ».
Lors de ce week-end, les forces de l’ordre, parmi lesquelles Laurent Nuñez a dénombré « 178 blessés », ont été « soumises à des agressions systématiques, jets de projectiles, et tirs de mortiers (d’artifice) qui ont explosé ». La procureure de Paris, Laure Beccuau, a fait état pour la capitale de 256 gardes à vue, dont 82 ont été prolongées, et a annoncé des comparutions immédiates dès ce lundi après-midi. « La justice sera intraitable », a-t-elle promis sur BFMTV. Elle a donné ainsi « pour instruction » de « retenir une incrimination rarement utilisée, celle d’actes d’intimidation à l’égard des forces de l’ordre », qui « fait encourir aux intéressés la peine de dix ans d’emprisonnement ». Dans le cas de policiers touchés par une « bombe agricole », Laure Beccuau a donné instruction pour que la qualification retenue soit « désormais celle de tentative d’homicide volontaire à l’encontre de forces de l’ordre », dans une volonté de « discours de fermeté ».
Face à la récurrence des débordements et violences lors de rendez-vous festifs, que cela soit des événements sportifs ou la Fête de la musique, politiques et autorités peinaient lundi à échafauder des solutions. « La question qui se pose maintenant, c’est l’origine de cette violence. Et de toute évidence, ce n’est pas juste une histoire de nombre de forces de l’ordre déployées », a résumé sur FranceInfo la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Estimant qu’il y avait un « problème de violence endémique en France », elle a jugé qu’on avait un « problème d’éducation, un problème culturel ». « On a un problème avec l’éducation d’une partie de nos fils », a-t-elle ajouté en renvoyant à la responsabilité des parents qui n’empêchent pas leurs enfants mineurs d’être dehors la nuit.
Même interrogation chez Laurent Nuñez : « Pourquoi des jeunes qui sont des voyous, qui sont des jeunes casseurs, qui ont des comportements inadmissibles, profitent des célébrations, des victoires du Paris Saint-Germain, mais pas que ? » Dimanche, à l’instar de Raphaël Glucksmann (Place publique), la classe politique, dans sa grande majorité, faisait le constat pour s’en désoler « d’une société fracturée », « une cocotte-minute prête à exploser ».
