Bpifrance a déployé 1,2 milliard d’euros auprès des sociétés du secteur de la défense en 2025, selon son directeur général, Nicolas Dufourcq. Notamment auprès de centaines de PME.
Nicolas Dufourcq. Cela fait un bon moment que Bpifrance s’engage vis-à-vis de ce secteur. Nous avons, de longue date, d’excellentes relations avec les différents donneurs d’ordre de la base industrielle et technologique de défense qui regroupe l’ensemble des entreprises du secteur contribuant à concevoir et à produire les équipements pour les armées. Ce sont environ 5 000 sociétés réparties sur toute la France.
Pour l’essentiel, ce sont de petites entreprises ne réalisant pas plus de 6 millions d’euros de chiffre d’affaires et fournissant des composants essentiels aux grands contractants. Elles jouent un rôle crucial dans la chaîne d’approvisionnement de la défense , en produisant des éléments comme les moteurs, les systèmes de radar, les composants électroniques ou les matériaux spécialisés.
Nous investissons aussi dans des fonds dédiés à la défense. Nous avons, enfin, lancé en octobre 2025 le fonds Bpifrance Défense, afin de permettre aux Français de participer à cet effort de guerre.
En 2025, nous avons déployé 1,2 milliard d’euros auprès des sociétés du secteur. Dont 500 millions en fonds propres, 220 millions en prêts à l’innovation, 64 millions en garanties et 410 millions en prêts classiques. Nous avons ainsi accompagné pas moins de 634 entreprises l’an passé, aussi bien des PME traditionnelles que des start-up . Soit un niveau très sensiblement supérieur à celui déjà consenti en 2024 avec un doublement des financements en fonds propres et une hausse de 80 % de ceux alloués aux prêts. Il faut dire que les besoins sont très importants et les attentes de ces entreprises de plus en plus élevées.
Nous avons également un fonds via lequel nous investissons dans la dette des PME, dont l’encours était de 61 millions d’euros fin 2025. Il devrait totaliser 92 millions d’euros à fin juin.
Je pense qu’il manque encore un outil qui leur serait bien nécessaire : des obligations convertibles pour un faible montant leur permettant de disposer facilement de quasi-fonds propres. Il ne faut pas perdre de vue que ces PME sont souvent de petite taille et qu’il faut adapter la façon de les accompagner. Je ne doute pas de l’arrivée à court ou moyen terme de nouveaux outils, le financement de ces entreprises étant devenu un sujet prioritaire. Et Bpifrance sera toujours au rendez-vous pour faciliter ces opérations.
A date, il a déjà collecté 70 millions d’euros auprès de 6 000 souscripteurs. Sachant que le ticket d’entrée a été fixé à 500 euros. Ce fonds a été créé pour permettre aux particuliers d’investir dans de belles entreprises de défense non cotées. Nous avons fixé un objectif de 450 millions d’euros de collecte.
C’est une activité que nous avons mise en place en 2024 pour les sociétés du secteur. Nous proposons des diagnostics essentiellement tournés vers la cybersécurité. Un enjeu majeur. Nous avons déjà conseillé 160 PME à ce jour. En 2026, nous devrions en conseiller une centaine supplémentaire. Ces entreprises ne sont pas forcément sensibilisées aux dangers de la cybercriminalité . Nous nous engageons à le faire et prodiguer les bonnes pratiques.
Nous avons également créé une école de défense baptisée Accélérateur Défense en association avec le ministère des Armées afin de dispenser l’expertise de consultants free-lance. Et ce, de manière à permettre aux dirigeants qui le souhaitent d’améliorer leurs performances. Quelque 30 PME ont participé à la première promotion. La troisième débutera en fin d’année.
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