Emmanuel Macron s’est à nouveau exprimé sur l’affaire Lyhanna, en Conseil des ministres ce mercredi 10 juin… et pas pour le mieux. « On ne répond pas à un drame par des cris », a-t-il cette fois estimé après les mobilisations qui ont réuni des dizaines de milliers de personnes lundi soir en hommage à la collégienne et pour dénoncer le manque de moyens et les dysfonctionnements systémiques de la justice.
Les critiques contre le gouvernement se font vives . La présidence reste de marbre. Au sortir du Conseil des ministres ce 10 mai, la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a rapporté les propos du chef de l’État, Emmanuel Macron, au sujet de l’affaire Lyhanna, une collégienne de onze ans retrouvée morte dans le Gers. « On ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur et qui ne sont pas respectueuses » , a rapporté à la presse Maud Brégeon.
Indigne réponse aux féministes et citoyens mobilisés dans de nombreux rassemblements dans tout le pays, jusqu’aux portes du ministère de la Justice, pour exiger une « loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, et davantage de moyens. Les voilà renvoyés à une meute vociférante, pour ne pas dire de « sales connes » , terme qu’avait employé la première dame Brigitte Macron à propos des féministes qui se mobilisaient contre l’acteur Ary Abittan, soupçonné de viols.
Le suspect Jérôme B., soupçonné de viol, avait fait l’objet de plusieurs signalements, sans que cela ne soit suivi d’effets. Emmanuel Macron a tout de même reconnu qu’ « il y a eu des dysfonctionnements manifestes » et qu’« il faut comprendre ce qui relève désormais des responsabilités individuelles et des dysfonctionnements systémiques dans l’ensemble des services publics impliqués » . Il a aussi fait valoir « que beaucoup de choses ont été faites depuis neuf ans (…) Il faut bien sûr renforcer ce qui doit l’être, mais à la lumière des faits (…) et avec méthode » .
Affaire Lyhanna : « Tout manque, à tous les niveaux », les syndicats de magistrats répondent à Gérald Darmanin
Le président, qui avait promis que la lutte contre les violences faites aux femmes soit la « grande cause » de son premier quinquennat, n’en est pas à sa première minimisation sur le dossier des VSS. Entre autres exemples c’est lui qui avait justifié la nomination en 2020 place Beauvau de Gérald Darmanin alors sous le coup d’une accusation de viol, au nom d’« une relation de confiance d’homme à homme » . Encore lui qui, en décembre 2023, avant que l’acteur Gérard Depardieu ne soit entendu par la justice pour des accusations d’agressions sexuelles et viol, il l’avait défendu en saluant un « immense acteur » dont la France peut être « fière ». Pis, il avait regretté une « chasse à l’homme ». Avant de se raviser plus tard. Le fera-t-il cette fois-ci ?
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« On ne répond pas à un drame par des cris » : face aux mobilisations sur l’affaire Lyhanna, le mépris de Macron
