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parlementvia France 24··3 min de lecture

Pollution au chlordécone aux Antilles : le Parlement reconnaît une responsabilité de l'État

Personnalités citées :Elie CaliferNaïma MoutchouArthur DelaporteOlivier Serva
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Le contexte

Le chlordécone est un pesticide qui a été utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique jusqu'en 1993, malgré des alertes sur sa dangerosité. Plus de 90 % de la population des Antilles est contaminée, ce qui a conduit à des débats sur la responsabilité de l'État dans ce scandale sanitaire. La question de l'indemnisation des victimes est également au cœur des préoccupations politiques.

Ce qu'il faut retenir

Le Parlement a adopté une loi reconnaissant la responsabilité de l'État dans le scandale du chlordécone aux Antilles. Cette loi, portée par le député Elie Califer, vise à établir un cadre pour la reconnaissance des préjudices subis par la population. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a confirmé que l'État a sa part de responsabilité et a annoncé une mission d'inspection pour évaluer les conséquences sanitaires. Cependant, l'indemnisation des victimes reste un objectif non contraignant pour l'État.

Ce que ça change

Cette loi marque une avancée symbolique dans la reconnaissance des responsabilités de l'État concernant le chlordécone. Elle ouvre la voie à des discussions sur l'indemnisation des victimes et la dépollution des terres contaminées. Les prochaines étapes incluront un rapport d'inspection sur les conséquences sanitaires et des efforts pour établir un cadre juridique solide pour les réparations.

L'article complet

Source originale sur france24.com

Le Parlement a adopté, mardi, une proposition de loi visant à reconnaître la "part de responsabilité" de l'État dans le scandale du chlordécone aux Antilles, malgré une ambition amoindrie en cours d'examen au Sénat.

Le Parlement a adopté, mardi 2 juin, une loi reconnaissant la "part de responsabilité" de l'État dans le scandale du chlordécone aux Antilles, où plus de 90 % de la population est contaminée, une "avancée" pour les parlementaires, bien que l'indemnisation des victimes ne soit érigée qu'en "objectif" pour les pouvoirs publics.

C'est la fin d'un long parcours parlementaire : un dernier vote unanime de l' Assemblée nationale (236 voix pour) est venu approuver définitivement cette proposition du député Elie Califer ( Guadeloupe , groupe PS).

"Ce texte de compromis permettra de restaurer une confiance profondément abîmée", a lancé le député peu avant le vote dans l'hémicycle, estimant cependant qu'il "faut aller plus loin sur le chemin des réparations".

Le chlordécone est un pesticide utilisé dans les bananeraies en Guadeloupe et à la Martinique jusqu'en 1993 malgré des alertes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur sa dangerosité.

"Le monde savait", a rappelé le député, et alors que plusieurs pays, dont les États-Unis, ont choisi de l'interdire, la France, elle, "a regardé ailleurs et décidé de sacrifier les Antilles".

Plus de 90 % de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée , selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui a conclu en juillet 2021 à une relation causale probable entre chlordécone et risque de cancer de la prostate.

"Si un tel empoisonnement avait touché 90 % de la population de la Creuse, de la Bretagne, de l'Île-de-France, la responsabilité de l'État aurait été reconnue depuis longtemps", a lancé Elie Califer à ses collègues.

Aux bancs du gouvernement la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a ré-affirmé que "l'État a sa part de responsabilités". Il s'agit de "reconnaître que des décisions ont été prises, que des alertes existaient et que les protections qui auraient dû prévaloir n'ont pas permis d'éviter les conséquences que nous constatons aujourd'hui".

La ministre a toutefois précisé : "Reconnaître la part de responsabilité de l'État est une exigence de vérité. Construire un dispositif de réparation juste, équitable, juridiquement solide, est une autre exigence ". Une mission d'inspection interministérielle a été lancée pour se pencher sur cette question, et se rendra dans quelques semaines en Guadeloupe et en Martinique, avec un "rapport attendu dans les tout prochains mois", a-t-elle précisé.

La proposition de loi prévoyait la reconnaissance par l'État de "sa responsabilité" dans "les préjudices sanitaires, moraux, écologiques et économiques subis par les territoires" et "leurs populations".

En cours d'examen, les sénateurs ont nuancé l'écriture, prévoyant que l'État reconnaisse sa "part" de responsabilité.

En commission, ils avaient aussi ajouté la notion de "préjudices moraux d'anxiété", puis sont revenus dessus à la demande du gouvernement lors d'une séance tendue dans l'hémicycle.

"Je le regrette, parce que cette notion parlait concrètement de ce que vivent nos compatriotes en Guadeloupe et en Martinique : une inquiétude permanente face aux conséquences sanitaires du chlordécone", avait commenté, lundi, Elie Califer auprès de l'AFP, soulignant que "le préjudice moral d'anxiété avait été reconnu par la cour administrative d'appel de Paris en mars 2025".

Toutefois, "ce point ne remet pas en cause l'équilibre général du texte", avait-il assuré.

Le volet indemnitaire pour les victimes ne figure qu'au rang d'"objectif" pour l'État, ce qu'ont regretté certains parlementaires. "Cette reconnaissance symbolique est une première étape, le combat devra se poursuivre pour (...) les modalités d'indemnisation", a commenté, mardi, le député porte-parole du PS Arthur Delaporte.

"On n'est pas tout à fait satisfait mais on partait de loin, du fait que l'État ne voulait même pas reconnaître sa responsabilité partielle (...) c'est une avancée", a souligné de son côté Olivier Serva (Guadeloupe, groupe Liot).

L'État devra notamment œuvrer à la "dépollution des terres et des eaux contaminées", en "érigeant comme priorité nationale la recherche scientifique", et "s'assigne" pour objectif "l'indemnisation de toutes les victimes" de Guadeloupe et de Martinique.

Il devra aussi se pencher sur "l'apparition de pathologies développées par les femmes".

La cour d'appel de Paris dira le 22 juin s'il y a lieu de rouvrir ou non l'enquête sur le chlordécone, à la suite de l'appel des parties civiles qui contestent le non-lieu dans ce scandale sanitaire.

Texte extrait depuis l'article original sur france24.com. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur france24.com.

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