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parlementvia Sud Ouest··4 min de lecture

Projet de loi d’urgence agricole : le texte devrait franchir un premier cap ce mardi à l’Assemblée nationale, découvrez les principales mesures

Personnalités citées :Annie GenevardSébastien ChenuMélanie Thomin
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Le contexte

Le projet de loi d'urgence agricole est examiné par l'Assemblée nationale après des discussions intenses. Ce texte vise à répondre aux préoccupations des agriculteurs, notamment en matière de gestion de l'eau et de protection des élevages. Les débats ont révélé des divergences importantes entre les partis politiques.

Ce qu'il faut retenir

Les députés devraient adopter en première lecture le projet de loi d'urgence agricole, qui inclut des mesures sur le stockage de l'eau, la protection des élevages contre le loup et des prix plancher pour les agriculteurs. Le Rassemblement national a annoncé un soutien au texte, tandis que la gauche s'y oppose. Des amendements ont été adoptés pour renforcer la souveraineté alimentaire française et limiter les importations de denrées agricoles.

Ce que ça change

Ce projet de loi pourrait avoir un impact significatif sur la politique agricole en France, notamment en renforçant la protection des élevages et en modifiant les règles de gestion de l'eau. Les tensions entre les différents partis sur ce texte soulignent les défis auxquels le gouvernement fait face pour obtenir un consensus sur les questions agricoles.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Stockage de l’eau, prix plancher et protection des élevages face au loup figurent parmi les points saillants du texte voté par les députés avant son examen au Sénat

Les députés devraient adopter mardi en première lecture le projet de loi d’urgence agricole , après des discussions marathon au cours desquelles le gouvernement a essuyé plusieurs déconvenues , qu’il espère voir corrigées dans la suite du parcours parlementaire du texte. La coalition gouvernementale va recevoir le soutien du Rassemblement national, globalement satisfait du tour des discussions lors des deux semaines d’examen. Le RN « va émettre un vote positif », « on a fait bouger des lignes », s’est félicité sur LCP le député Sébastien Chenu, vice-président du parti.

À gauche, les écologistes et les Insoumis voteront contre. Le PS déterminera sa position mardi, mais la députée Mélanie Thomin n’a pas caché vendredi auprès de l’AFP son amertume : dans l’hémicycle, « on a dépassé très largement ce que les socialistes s’étaient fixé comme lignes rouges ». Si la FNSEA, le premier syndicat agricole, a invité les députés à voter le projet de loi malgré sa « faiblesse », la Confédération paysanne, troisième syndicat, leur a demandé de le rejeter. Réponse gouvernementale à la colère des agriculteurs l’hiver dernier, le texte est censé leur apporter des réponses concrètes sur de nombreux thèmes. Le point sur les principales mesures, avant la transmission du texte au Sénat.

Il prévoit une labellisation par les autorités de « projets d’avenir agricole ». Ces projets devront « renforcer la souveraineté alimentaire » française dans les filières où « l’autoapprovisionnement » est insuffisant. Ils bénéficieront d’un accompagnement, notamment financier. Un autre article utilise le levier des cantines publiques. Le texte initial leur imposait de se fournir dans l’Union européenne, sauf si l’offre fait défaut. Un amendement LFI, soutenu par le RN, a été adopté pour limiter les achats aux produits du « territoire français ». Une disposition contraire au droit européen, selon l’exécutif.

Un volet central concernant l’eau a concentré les inquiétudes des associations environnementales. Il vise notamment à faciliter la construction d’ouvrages de stockage d’eau (réservoirs permettant de la retenir pour l’utiliser pendant les sécheresses). Il supprime l’obligation de tenir des réunions publiques pour leur autorisation environnementale et renforce les pouvoirs du préfet. La gauche a dénoncé des atteintes à « la démocratie locale de l’eau », y compris par le renforcement du poids des acteurs économiques dans les commissions locales dédiées à cette ressource.

Un autre article prévoit l’allègement des compensations pour des projets développés sur des zones humides déjà altérées. Un troisième refonde la législation sur la protection des captages d’eau potable. Le gouvernement entend concentrer les moyens sur des captages « prioritaires », les plus pollués. Le préfet étant alors autorisé, par exemple, à interdire les pesticides dans ces zones. La gauche a dénoncé la création d’une catégorie de « captages exonérés » de tout plan d’action.

Contre la concurrence déloyale, le gouvernement entendait renforcer la possibilité d’interdire l’importation de denrées comportant des résidus de pesticides interdits dans l’UE. Mais un amendement LFI soutenu par le RN a élargi l’interdiction à toutes denrées produites avec des pesticides interdits en France. Une disposition contraire au droit européen, selon le gouvernement.

Un autre article permet la création par le préfet d’une zone tampon inconstructible en bordure de parcelles agricoles, pour limiter l’exposition des personnes aux pesticides. L’objectif étant que cette contrainte ne soit plus à la charge des agriculteurs en rognant sur leurs champs.

Le texte autorise le gouvernement à légiférer par ordonnance pour créer un régime spécial d’autorisation environnementale pour les bâtiments d’élevage, afin d’alléger les contraintes administratives actuelles lors de travaux de construction, d’agrandissement ou de modernisation. Une disposition visant à favoriser l’élevage intensif, a fustigé la gauche. Le RN s’est félicité d’avoir fait adopter un amendement pour que les dispositions prises ne puissent pas être plus restrictives que le droit européen.

Tirant partie du déclassement par l’UE du loup, qui ne fait plus l’objet d’une protection « stricte » mais dite « simple », le texte prévoit de mieux protéger les élevages contre cette prédation. Il supprime l’autorisation préalable requise pour effectuer des tirs de défense lors d’attaques sur des bovins, comme c’est déjà le cas pour les ovins. Adoptées par amendement : l’utilisation de lunettes de tir à visée nocturne ou thermique ainsi qu’une présomption de tir de défense légitime en cas « d’attaque imminente ».

Le texte prévoit une circonstance aggravante pour les vols sur les lieux d’activités agricoles ou de pêche (carburant, matériel…) ainsi que pour les dégradations, y compris celles d’infrastructures de stockage d’eau. Ces actes seraient punis de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Un autre article entend lutter contre les recours abusifs visant des projets agricoles, en permettant au porteur du projet attaqué de réclamer des dommages et intérêts.

Plusieurs articles concernaient la question brûlante des revenus des agriculteurs. Mais ce volet a été « dénaturé » par les députés, a regretté la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Plusieurs amendements LFI ont été adoptés, avec l’appui du RN, pour instaurer des « prix plancher » dans les négociations commerciales entre agriculteurs et industriels.

Un autre article a, dans la foulée, été supprimé, car de ce fait rendu « inopérant », selon Annie Genevard : il étendait au-delà de la filière bovine l’expérimentation de « tunnels de prix » (définition d’un prix plancher et d’un plafond dans le cadre d’une négociation commerciale). Une suppression qui a provoqué la colère de la gauche.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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