Aller au contenu principal
Toute l'actualité
parlementvia Sud Ouest··4 min de lecture

Scandale du chlordécone : le Parlement reconnaît la part de responsabilité de l’État

Personnalités citées :Elie CaliferNaïma MoutchouArthur DelaporteOlivier ServaSerge LetchimyHarry DurimelChristophe Lèguevaques
PartagerXLinkedInWhatsAppEmail

Le contexte

Le chlordécone est un pesticide qui a été utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique jusqu'en 1993, malgré des alertes sur sa dangerosité. Plus de 90 % de la population des Antilles est contaminée, ce qui a conduit à des préoccupations sanitaires majeures, notamment un risque accru de cancer de la prostate. Le débat sur la responsabilité de l'État dans ce scandale a été long et complexe, culminant avec l'adoption récente d'une loi par le Parlement.

Ce qu'il faut retenir

Le Parlement a adopté une loi reconnaissant la part de responsabilité de l'État dans le scandale du chlordécone. Cette loi a été saluée comme une avancée, bien que l'indemnisation des victimes ne soit qu'un objectif pour l'État. La ministre des Outre-mer a confirmé la responsabilité de l'État et a annoncé une mission d'inspection pour examiner les mesures de réparation. Les parlementaires ont exprimé des réserves sur le caractère symbolique de cette reconnaissance et ont appelé à des actions concrètes pour indemniser les victimes.

Ce que ça change

Cette loi marque une étape importante dans la reconnaissance des responsabilités de l'État concernant le chlordécone, mais elle soulève des attentes quant à des mesures concrètes d'indemnisation. Les victimes espèrent que cette avancée conduira à des actions réelles pour réparer les préjudices subis. Le débat sur la responsabilité de l'État pourrait également ouvrir la voie à des actions judiciaires pour obtenir des réparations.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Le Parlement a adopté une loi reconnaissant la responsabilité de l’État dans le scandale du chlordécone aux Antilles. Les victimes qui réclament désormais des mesures concrètes d’indemnisation

Le Parlement a adopté mardi une loi reconnaissant la « part de responsabilité » de l’État dans le scandale du chlordécone aux Antilles, où plus de 90 % de la population est contaminée . Si les parlementaires saluent une « avancée », l’indemnisation des victimes n’est érigée qu’en « objectif » pour les pouvoirs publics.

C’est la fin d’un long parcours parlementaire : un dernier vote unanime de l'Assemblée nationale, avec 236 voix pour, est venu approuver définitivement cette proposition du député Elie Califer (Guadeloupe, groupe PS). « Ce texte de compromis permettra de restaurer une confiance profondément abîmée », a lancé le député peu avant le vote dans l’hémicycle, estimant cependant qu’il « faut aller plus loin sur le chemin des réparations ».

Le chlordécone est un pesticide utilisé dans les bananeraies en Guadeloupe et à la Martinique jusqu’en 1993, malgré des alertes de l’OMS sur sa dangerosité. Plus de 90 % de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée, selon l’Anses, qui a conclu en juillet 2021 à une relation causale probable entre le chlordécone et le risque de cancer de la prostate. « Si un tel empoisonnement avait touché 90 % de la population de la Creuse, de la Bretagne, de l’Île-de-France, la responsabilité de l’État aurait été reconnue depuis longtemps », a lancé M. Califer à ses collègues.

Aux bancs du gouvernement, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a réaffirmé que « l’État a sa part de responsabilités ». « Reconnaître la part de responsabilité de l’État est une exigence de vérité. Construire un dispositif de réparation juste, équitable, juridiquement solide, est une autre exigence », a toutefois précisé la ministre. Une mission d’inspection interministérielle a été lancée pour se pencher sur cette question et se rendra dans quelques semaines en Guadeloupe et en Martinique, avec un « rapport attendu dans les tout prochains mois », a-t-elle ajouté.

La proposition de loi initiale prévoyait la reconnaissance par l’État de « sa responsabilité » dans « les préjudices sanitaires, moraux, écologiques et économiques subis par les territoires » et « leurs populations ». En cours d’examen, les sénateurs ont nuancé l’écriture, prévoyant que l’État reconnaisse sa « part » de responsabilité. En commission, ils avaient aussi ajouté la notion de « préjudices moraux d’anxiété », avant de revenir dessus à la demande du gouvernement lors d’une séance tendue dans l’hémicycle.

« Je le regrette, parce que cette notion parlait concrètement de ce que vivent nos compatriotes en Guadeloupe et en Martinique : une inquiétude permanente face aux conséquences sanitaires du chlordécone », avait commenté lundi M. Califer. Toutefois, « ce point ne remet pas en cause l’équilibre général du texte », avait-il assuré.

Le volet indemnitaire pour les victimes ne figure qu’au rang d'« objectif » pour l’État, ce qu’ont regretté certains parlementaires. « Cette reconnaissance symbolique est une première étape, le combat devra se poursuivre pour […] les modalités d’indemnisation », a commenté mardi le député porte-parole du PS Arthur Delaporte. « On n’est pas tout à fait satisfait mais on partait de loin, du fait que l’État ne voulait même pas reconnaître sa responsabilité partielle […] c’est une avancée », a souligné de son côté Olivier Serva (Guadeloupe, groupe Liot).

En Martinique, le président du conseil exécutif, Serge Letchimy, a salué le vote. Président en 2019 d’une commission d’enquête parlementaire sur les responsabilités publiques dans l’autorisation du pesticide, il estime que cette loi « vient fragmenter un système qui piétine la vérité, absout les coupables et méprise les victimes ». L’État devra notamment œuvrer à la « dépollution des terres et des eaux contaminées », en « érigeant comme priorité nationale la recherche scientifique », et « s’assigne » pour objectif « l’indemnisation de toutes les victimes ». Il devra aussi se pencher sur « l’apparition de pathologies développées par les femmes ».

À Pointe-à-Pitre, le maire Harry Durimel, avocat engagé de longue date contre le chlordécone, a salué une « avancée » tout en prévenant que « le combat est loin d’être achevé ». La loi « invite déjà à aller devant les tribunaux pour faire reconnaître quelle est la part de responsabilité de l’État », a-t-il réagi. « Un champ s’est ouvert, mais le combat continue », a-t-il ajouté.

La cour d'appel de Paris dira le 22 juin s’il y a lieu de rouvrir ou non l’enquête sur le chlordécone, à la suite de l’appel des parties civiles qui contestent le non-lieu dans ce scandale sanitaire. « Les victimes du chlordécone » attendent « du concret et de l’efficace : La reconnaissance était le premier mot. Il ne faudrait pas qu’il soit le dernier », a pointé Me Christophe Lèguevaques, avocat des parties civiles, dans un communiqué.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

Newsletter quotidienne · gratuite · sans pub

Le brief politique du matin

L'actu politique française en 3 min, sans pub ni bullshit. Vulgarisations sourcées, articles agrégés des 35 grands médias FR — chaque matin à 7h.

  • Lois du jour vulgarisées (contexte, à retenir, ce que ça change)
  • 5 articles politiques marquants, sourcés
  • Aucune pub, aucune revente, désinscription en 1 clic
Fréquence

Sans publicité. Sans revente. Désinscription en 1 clic.

Le résumé semble incorrect ou orienté ? Signalez-le via le formulaire de contact — Civiqo applique une politique de neutralité stricte : nos règles éditoriales bannissent tout vocabulaire évaluatif et toute affirmation non sourcée.