Alors que les affaires d'agressions sexuelles dans le périscolaire se multiplient en France, l'Unicef a demandé jeudi aux autorités de tendre vers une "culture de protection" basée sur les droits des enfants. L'organisation appelle aussi à harmoniser les procédures de signalement ou encore à mieux former les animateurs.
Face aux récents scandales de violences sexuelles dans le périscolaire à Paris , la France doit sortir d'une posture de "réaction pour construire une culture de protection" basée sur les droits des enfants, a estimé jeudi 28 mai l'Unicef France.
Ces affaires, qui impliquent des animateurs travaillant dans des écoles parisiennes, "révèlent des failles structurelles, un manque de coordination et une absence de croisement des informations entre les services", a fustigé la présidente de l'organisation, Adeline Hazan.
Selon elle, c'est "tout un système qui est défaillant car en France, il ne se met en marche qu'après les faits et en réaction aux faits", au lieu que ce soit la prévention qui prime.
Depuis le début de l'année, 78 agents de la Ville de Paris ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, des chiffres traduisant un caractère "systémique", selon le nouveau maire socialiste Emmanuel Grégoire .
"Ce qui est insupportable, c'est une culture de la banalisation de ces violences", a affirmé Adeline Hazan lors d'une conférence de presse, rappelant que 290 200 victimes mineures avaient été enregistrées en 2025 par les forces de l'ordre, soit un bond de 77 % par rapport à 2016.
Dans ce scandale du périscolaire, dont bénéficient environ deux millions d'enfants en France selon l'Unicef, "les droits élémentaires des enfants ne sont pas respectés", a-t-elle insisté.
C'est pourquoi l'organisation préconise notamment de clarifier et harmoniser les procédures de signalement, créer une autorité administrative indépendante qui contrôle les lieux d'accueil, mieux accompagner les parents, et surtout former davantage les professionnels en lien avec les enfants.
"Quand on donne la possibilité aux enfants de parler, ils le font, mais encore faut-il qu'on les écoute et qu'on les accompagne", a relevé Jodie Soret, responsable du service plaidoyer et programmes à l'Unicef France.
Selon les premiers éléments d'une enquête réalisée auprès d'enfants par l'organisation, "un tiers des enfants victimes de violences déclare ne pas avoir d'adulte de confiance" à qui se confier, a-t-elle affirmé.
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Or, a expliqué Julie Zerlauth, responsable du service innovations pour la diffusion des droits de l'enfant à l'Unicef France, "cette perte de confiance dans les adultes, souvent par peur d'une absence de réponse de leur part", dénote une banalisation des violences subies par les mineurs. Ainsi que de leur impunité, favorisée par un certain "culte de l'obéissance" qui prévaut à l'école mais aussi en famille, a-t-elle souligné.
"Les abus et violations des droits des enfants ne sont pas une fatalité et la protection de l'enfance ne peut plus être qu'une promesse : elle doit devenir une exigence, une culture partagée et une priorité politique", a conclu Adeline Hazan.
