Sous couvert de lutte contre les incivilités, le nouveau projet de loi de Laurent Nunez veut instaurer la surveillance généralisée de la société en fragilisant davantage les populations les plus précaires. Le projet de loi est attendu en séance publique au Sénat à partir du 18 mai.
Écouter cet article - réservé aux abonné·e·s
Ce lundi 18 mai, le projet de loi Ripost , porté par le ministre de l’intérieur Laurent Nunez, arrive au Sénat. Symbole d’un État qui ne sait plus que punir, ce texte consacre le dangereux basculement vers un État de police administrative.
Syndicats et juristes dénoncent une « fuite en avant sécuritaire » qui masque les véritables urgences sociales : précarité, crise du logement, et criminalisation d’une jeunesse privée d’infrastructures culturelles ou sportives. Plutôt que d’accompagner, le gouvernement choisit la matraque.
Sous couvert de prétendue « sécurité du quotidien » , le projet de loi Ripost orchestre surtout un recul démocratique. En substituant l’arbitraire de l’administration à l’institution judiciaire, le texte acte le basculement d’une police de service public vers une police de contrôle social.
Sur son site Internet, « le Parti communiste français alerte sur la cohérence idéologique de ces textes qui, loin de répondre efficacement aux enjeux de sécurité, participent d’une offensive sécuritaire et remise en cause de l’État de droit ».
Une analyse partagée par la CGT-Intérieur, qui s’insurge contre un projet gouvernemental visant à « assimiler des phénomènes sociaux hétérogènes à une délinquance homogène appelant une réponse pénale standardisée ». Ce choix ultra-répressif, guidé par l’exécutif, banalise, selon le syndicat, « des dispositifs attentatoires aux libertés en les étendant à des situations ordinaires »....
Surveillance algorithmique, garde à vue de 72 heures… Pourquoi le projet de loi RIPOST cible les plus précaires
