Jean-Noël Barrot s'est attiré les foudres de La France insoumise (LFI), dont les membres ont quitté avec fracas l'hémicycle de l'Assemblée nationale, ce mardi 2 juin, lors des questions au gouvernement. Au député qui l'accusait d'inaction face à l'offensive israélienne au Liban , le ministre des Affaires étrangères a répondu: "vous crachez au visage des militaires français!".
"L'armée israélienne a passé le fleuve Litani, réalisant l'invasion la plus profonde depuis plus de 25 ans, l'avait interpellé Arnaud Le Gall, élu LFI du Val-d'Oise. Israël mène depuis l'automne 2024 une guerre contre le Liban, au mépris du droit international et des engagements de cessez-le-feu. Le Hezbollah n'est qu'un prétexte."
Avant de poursuivre: "La France est liée au Liban par des siècles d'histoire, nous lui devons plus que des bonnes paroles [...] Votre politique au Proche-Orient est illisible [...] Au lieu de tergiverser, allez-vous prendre à l’ONU la tête d’un front contre l’invasion du Liban et pour le retrait immédiat de l’armée israélienne? Allez vous enfin envisager sérieusement la suspension des accords de coopération qui lient l’UE et Israël au lieu de vous abriter derrières le refus de l’Allemagne ou tel ou tel autre pays?"
En guise de réponse, Jean-Noël Barrot a avant tout souligné le fait que la question du député ne faisait "pas mention ni de l'adjudant Montorio, ni du caporal chef Girardin ", deux soldats français morts au Liban en avril, pris à partie par un groupe armé alors qu'ils paricipaient à une mission de reconnaissance d'itinéraire visant à réaliser le ravitaillement d'un poste isolé de Casques bleus.
Les autorités françaises et l'ONU ont attribué l'attaque au mouvement pro-iranien Hezbollah, lequel a nié toute implication.
Dans le brouhaha, et alors que le reste des députés LFI prenait également le chemin de la sortie, Jean-Noël Barrot a ajouté: "sachez condamner dans un même souffle les attaques du Hezbollah et d’Israël et sachez appeler dans un même souffle au désarmement du Hezbollah , au retrait d’Israël et à la restauration de l’autorité d’un État fort, disposant du monopole de la force et capable de protéger l’ensemble des communautés".
Sur X, Jean-Luc Mélenchon , leader de LFI, a réagi à la séquence, assurant avoir "salué la mémoire de nos soldats tués au Liban". "Mais lui (Jean-Noël Barrot, ndlr) les a laissés se faire tuer sans pouvoir riposter aux tirs et avec sa politique servile qui humilie notre pays. N'offense pas qui veut, petit monsieur", a-t-il aussi écrit.
