C'est un vote historique… Les députés français ont adopté définitivement et à l'unanimité ce lundi une loi d'exception. Cette loi va permettre la sortie des collections publiques des restes humains Kali'nas et Arawaks et le retour de six Amérindiens de Guyane, morts en 1892 après avoir été exhibés lors des expositions coloniales à Paris.
Publié le : 16/06/2026 - 00:07 Modifié le : 16/06/2026 - 00:45
Beaucoup d'émotion au sein de l'hémicycle, où les députés ont rappelé le calvaire subi par ces hommes et ces femmes morts dans des conditions indignes. Exhumés pour être étudiés par des scientifiques et conservés depuis au Musée d'histoire naturelle. Cécile Kouyouri, cheffe coutumière, est venue de la Guyane.
« On ne trouve pas les mots parce que c'est juste dire : c'est réel. Aujourd'hui, nos ancêtres reviendront chez eux. (...) Je vous dis à tous un grand, grand merci » .
À ses côtés, ils sont près de 80 à s'être déplacés pour assister à ce vote et soutenir le combat porté depuis cinq ans par Corinne Oka Devilliers, présidente de l'association Moliko Alet+po.
« C'est tellement historique. C'était attendu. Je savais qu'en créant cette association Mojiko, il allait de toute façon y avoir un résultat positif. Mais l'année, le mois, c'était indéterminé ».
134 ans après leur mort. Le retour des six défunts est attendu dans la commune d'Iracoubo. Enrico William, le maire, exprime sa joie pour cette forme de « réparation » : « Pour moi, en tant que maire, c'est vrai qu'il y a d'un côté cette tristesse mais aussi cette joie. Pour moi, c'est justice, c'est une forme de réparation ».
Les descendants espèrent célébrer leurs funérailles dès le mois de décembre.
