La proposition de loi vise à répondre aux enjeux liés à la financiarisation croissante du secteur de la santé en France. Ce phénomène, qui a pris de l'ampleur ces dernières années, soulève des préoccupations concernant la qualité et l'accessibilité des soins. Le texte s'inscrit dans un contexte où la branche maladie de la sécurité sociale fait face à un déficit chronique, dépassant les 16 milliards d'euros en 2025. La loi cherche à encadrer les pratiques financières dans le secteur de la santé afin de protéger les patients et les professionnels de santé.
Lutter contre les excès de la financiarisation en santé
Où en est ce texte
- Étape actuelle : Déposéen attente d'examen
En clair
Synthèse neutre, factuelle et sourcée
Le texte modifie plusieurs articles du code de la santé publique et d'une ordonnance de 2023 pour renforcer le contrôle des ordres professionnels sur les sociétés d'exercice libéral. Il élargit les obligations de communication des documents financiers et crée une cellule nationale d'appui pour aider les ordres dans leur mission. Il encadre également le recours aux actions de préférence et impose une durée minimale d'investissement de sept ans pour les investisseurs. Des sanctions sont prévues en cas de non-respect de ces obligations.
▸3 sources dans le texte officiel
- [1] Article 1 er · alinéa 4« les obligations fixées au présent article ne s’appliquent pas aux actes contractuels conformes à un contrat type »
- [2] Article 2 · alinéa 2« Toute personne physique ou morale détenant, directement ou indirectement, une participation... est tenue d’en faire la déclaration »
- [3] Article 4 · alinéa 2« Les cessions directes ou indirectes de titres détenus par une personne physique ou morale... ne peuvent intervenir avant l’expiration d’un délai minimal de sept années »
Si le texte est adopté, les professionnels de santé devront fournir davantage de documents aux ordres professionnels concernant leur société d'exercice libéral. Les investisseurs devront déclarer leurs participations dans ces sociétés, et des sanctions financières seront appliquées en cas de non-respect de ces obligations. La durée minimale d'investissement de sept ans vise à stabiliser les financements dans le secteur de la santé, limitant ainsi les retraits rapides de capitaux.
▸3 sources dans le texte officiel
- [1] Article 1 er · alinéa 6« l’ordre des médecins, celui des chirurgiens‑dentistes et celui des sages‑femmes sont habilités à contrôler les modalités de fonctionnement »
- [2] Article 5 · alinéa 7« Le défaut de communication par une société d’exercice libéral des documents... est passible d’une amende administrative »
- [3] Article 4 · alinéa 2« Les cessions directes ou indirectes de titres... ne peuvent intervenir avant l’expiration d’un délai minimal de sept années »
Julien, médecin généraliste à Lyon, a récemment constitué une société d'exercice libéral. Avant l'adoption de cette loi, il n'avait pas à communiquer de documents financiers à l'ordre des médecins. Avec le nouveau texte, il devra fournir des informations détaillées sur la composition de son capital et les associés de sa société. De plus, s'il souhaite céder des parts de sa société, il devra attendre au moins sept ans, sauf en cas de décès ou d'incapacité. Cela pourrait influencer sa décision de faire entrer des investisseurs dans son entreprise.
▸2 sources dans le texte officiel
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- DRPour · 100 %
Sur les 10 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe DR a voté pour 10 fois (100 %).
- EPRPour · 100 %
Sur les 10 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe EPR a voté pour 10 fois (100 %).
- HORPour · 100 %
Sur les 10 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe HOR a voté pour 10 fois (100 %).
- LIOTPour · 100 %
Sur les 9 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe LIOT a voté pour 9 fois (100 %).
- NIPour · 100 %
Sur les 8 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe NI a voté pour 8 fois (100 %).
- RNPour · 100 %
Sur les 10 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe RN a voté pour 10 fois (100 %).
- UDRPour · 100 %
Sur les 6 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe UDR a voté pour 6 fois (100 %).
- DEMPour · 90 %
Sur les 10 textes déposés par le groupe DR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe DEM a voté pour 9 fois (90 %).
Passages cités dans le texte officiel
Les alinéas sur lesquels s'appuie la synthèse ci-dessus, reproduits à l'identique. Le texte complet (6 articles) est dans l'onglet « Le texte ». Texte intégral sur assemblee-nationale.fr
Exposé des motifs
Alinéa 3Le vieillissement de la population, la progression des pathologies chroniques et l’augmentation du coût et de la durée des prises en charge ont, en effet, fragilisé l’équilibre français de financement du système de soins. Ainsi, la branche maladie de la sécurité sociale est marquée par un déséquilibre chronique entre ses charges et ses ressources, si bien que son déficit n’est jamais descendu sous le seuil de dix milliards d’euros depuis 2023 et demeure à près de 16 milliards d’euros pour la seule année 2025.
Alinéa 14Dans ce contexte général, la présente proposition de loi vise donc à réaffirmer la primauté de la politique d’accès aux soins sur les considérations financières .
Article 1 er
Alinéa 4b) Sont ajoutés les mots : « , la liste de leurs associés, un état de la composition de son capital social et des droits de vote afférents, les conventions contenant des clauses portant sur l’organisation et les pouvoirs des organes de direction, d’administration ou de surveillance, ou tout contrat de nature à affecter les conditions d’exercice des professionnels de santé. Les obligations fixées au présent article ne s’appliquent pas aux actes contractuels conformes à un contrat type publié après consultation de la commission des clauses abusives placée auprès du ministère chargé de la consommation. Les modalités de conclusion dudit contrat type, les dispositions d’ordre public notamment relatives au respect de l’indépendance des professionnels auxquelles il ne peut déroger et ses conditions d’approbation par les ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale font l’objet d’un décret pris après avis du Conseil d’État. » ;
Alinéa 6« Pour l’exercice de leurs missions, l’ordre des médecins, celui des chirurgiens‑dentistes et celui des sages‑femmes sont habilités à contrôler les modalités de fonctionnement, de financement et notamment les rapports entre les associés des sociétés dont l’objet social implique l’exercice de la médecine, de l’art dentaire, ou de la profession de sage‑femme. Les dirigeants de ces sociétés leur communiquent tous les documents jugés indispensables à cette fin.
Lire Article 1 er en entier
I. – La quatrième partie du code de la santé publique est ainsi modifiée : 1° La première phrase du sixième alinéa de l’article L. 4113‑9 est ainsi modifiée : a) Après le mot : « communiquer », sont insérés les mots : « pour observation » ; b) Sont ajoutés les mots : « , la liste de leurs associés, un état de la composition de son capital social et des droits de vote afférents, les conventions contenant des clauses portant sur l’organisation et les pouvoirs des organes de direction, d’administration ou de surveillance, ou tout contrat de nature à affecter les conditions d’exercice des professionnels de santé. Les obligations fixées au présent article ne s’appliquent pas aux actes contractuels conformes à un contrat type publié après consultation de la commission des clauses abusives placée auprès du ministère chargé de la consommation. Les modalités de conclusion dudit contrat type, les dispositions d’ordre public notamment relatives au respect de l’indépendance des professionnels auxquelles il ne peut déroger et ses conditions d’approbation par les ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale font l’objet d’un décret pris après avis du Conseil d’État. » ; 2° L’article L. 4121‑2 est complété par deux alinéas ainsi rédigés : « Pour l’exercice de leurs missions, l’ordre des médecins, celui des chirurgiens‑dentistes et celui des sages‑femmes sont habilités à contrôler les modalités de fonctionnement, de financement et notamment les rapports entre les associés des sociétés dont l’objet social implique l’exercice de la médecine, de l’art dentaire, ou de la profession de sage‑femme. Les dirigeants de ces sociétés leur communiquent tous les documents jugés indispensables à cette fin. « Une cellule nationale d’appui constituée de juristes professionnels peut être saisie par les administrations compétentes et les ordres professionnels, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État, afin de les assister dans l’exercice de leurs missions. » ; 3° L’article L. 4221‑19 est ainsi modifié : a) Le premier alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée : « Cette communication comprend également la liste des associés, un état de la composition du capital social de la société et des droits de vote afférents, les conventions contenant des clauses portant sur l’organisation et les pouvoirs des organes de direction, d’administration ou de surveillance, ou tout contrat de nature à affecter les conditions d’exercice de ces professionnels. » ; b) À la fin du deuxième alinéa, les mots : « dans le mois suivant la conclusion de la convention ou de l’avenant » sont remplacés par les mots et deux phrases ainsi rédigées : « pour observation avant la conclusion de la convention ou de l’avenant. Les obligations fixées au présent article ne s’appliquent pas aux actes contractuels conformes à un contrat type publié après consultation de la commission des clauses abusives placée auprès du ministère chargé de la consommation. Les modalités de conclusion dudit contrat type, les dispositions d’ordre public notamment relatives au respect de l’indépendance des professionnels auxquelles il ne peut déroger et ses conditions d’approbation par les ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale font l’objet d’un décret pris après avis du Conseil d’État. » ; c) Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé : « La communication des documents mentionnés au présent article est sans incidence sur la mise en œuvre des dispositions visées à l’article L. 4231‑1. » ; 4° L’article L. 4231‑1 est ainsi modifié : a) Le premier alinéa est ainsi modifié : – Au début, est insérée la mention : « I » ; – À la fin, le mot : « objet » est remplacé par le mot : « missions » ; b) Sont ajoutés deux alinéas ainsi rédigés : « II. – Pour l’exercice de ses missions, l’ordre national des pharmaciens est habilité à contrôler les modalités de fonctionnement, de financement et notamment les rapports entre les associés des sociétés dont l’objet social implique l’exploitation d’une ou plusieurs officines de pharmacie. Les dirigeants de ces sociétés lui communiquent tous les documents jugés indispensables à cette fin. « L’ordre national des pharmaciens peut également saisir la cellule nationale d’appui mentionnée à l’article L. 4121‑2. »Article 2
Alinéa 2« Toute personne physique ou morale détenant, directement ou indirectement, une participation dans une ou plusieurs sociétés de participations financières de professions libérales est tenue d’en faire la déclaration auprès de la caisse nationale de l’assurance maladie dès lors que l’une de ces sociétés détient des participations au sein d’une société d’exercice libéral constituée pour l’exercice d’une profession de santé.
Lire Article 2 en entier
L’article 74 de l’ordonnance n° 2023‑77 du 8 février 2023 relative à l’exercice en société des professions libérales réglementées est complété par trois alinéas ainsi rédigés : « Toute personne physique ou morale détenant, directement ou indirectement, une participation dans une ou plusieurs sociétés de participations financières de professions libérales est tenue d’en faire la déclaration auprès de la caisse nationale de l’assurance maladie dès lors que l’une de ces sociétés détient des participations au sein d’une société d’exercice libéral constituée pour l’exercice d’une profession de santé. « Cette déclaration intervient, au plus tard, le trentième jour à compter de l’acquisition par une personne physique ou morale d’une société remplissant les conditions prévues à l’alinéa précédent et comprend l’identité du déclarant, la liste des sociétés de participations financières et des sociétés d’exercice libéral concernées, la nature, le pourcentage des participations détenues ainsi que les droits financiers qui y sont attachés. La caisse nationale de l’assurance maladie transmet les informations ainsi recueillies et répertoriées aux conseils nationaux des ordres professionnels compétents. Le défaut de déclaration est passible d’une amende administrative dont le montant maximum et les modalités de recouvrement sont précisés par la présente ordonnance dans sa version modifiée par la présente proposition de loi. « Les modalités d’application du présent article et notamment les conditions de collecte et de conservation des déclarations par la caisse nationale de l’assurance maladie font l’objet d’un décret pris après avis du Conseil d’État de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. » TITRE II Encadrer le recours aux actions de prÉfÉrence et la durÉe d’investissement au sein de structures ayant pour objet social la pratique du soinArticle 4
Alinéa 2« Art. 74 ‑ 1. – Les cessions directes ou indirectes de titres détenus par une personne physique ou morale n’exerçant pas la profession au sein d’une société d’exercice libéral constituée pour l’exercice d’une profession de santé ne peuvent intervenir avant l’expiration d’un délai minimal de sept années à compter de la date de leur acquisition. Toute clause ou convention contraire est réputée non écrite.
Lire Article 4 en entier
La section 1 du chapitre II du livre III de l’ordonnance n° 2023‑77 du 8 février 2023 relative à l’exercice en société des professions libérales réglementées est complétée par un article 74‑1 ainsi rédigé : « Art. 74 ‑ 1. – Les cessions directes ou indirectes de titres détenus par une personne physique ou morale n’exerçant pas la profession au sein d’une société d’exercice libéral constituée pour l’exercice d’une profession de santé ne peuvent intervenir avant l’expiration d’un délai minimal de sept années à compter de la date de leur acquisition. Toute clause ou convention contraire est réputée non écrite. « Par dérogation au premier alinéa, une cession anticipée peut être autorisée lorsque celle‑ci résulte du décès ou de l’incapacité permanente du titulaire des titres ou d’une modification des conditions d’exercice de la profession de nature à porter atteinte à l’économie générale du contrat. » TITRE III Clarifier le rÉgime de sanctions applicable en cas d’absence de communication des documents contractuels encadrant la pratique professionnelleArticle 5
Alinéa 7« Art. 74 ‑ 2. – Le défaut de communication par une société d’exercice libéral des documents listés aux articles L. 4113‑9 et L. 4221‑19 du code de la santé publique au conseil de l’ordre compétent est passible d’une amende administrative prononcée par le directeur général de l’agence régionale de santé.
Lire Article 5 en entier
I. – La quatrième partie du code de la santé publique est ainsi modifiée : 1° L’article L. 4113‑9 est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Est également passible de sanctions disciplinaires le défaut de communication des documents listés au présent article ou jugés indispensables à l’exercice des missions du conseil de l’ordre duquel relève le professionnel. » ; 2° L’article L. 4221‑19 est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Est également passible de sanctions disciplinaires le défaut de communication des documents listés au présent article ou jugés indispensables à l’exercice des missions de l’ordre national des pharmaciens dans les conditions prévues à l’article L. 4231‑1. » ; II. – Après l’article 74‑1 de l’ordonnance n° 2023‑77 du 8 février 2023 relative à l’exercice en société des professions libérales réglementées, dans sa rédaction résultant de la présente loi, il est inséré un article 74‑2 ainsi rédigé : « Art. 74 ‑ 2. – Le défaut de communication par une société d’exercice libéral des documents listés aux articles L. 4113‑9 et L. 4221‑19 du code de la santé publique au conseil de l’ordre compétent est passible d’une amende administrative prononcée par le directeur général de l’agence régionale de santé. « Le montant de cette amende ne peut excéder 30 000 euros. L’amende est prononcée après que la société a été mise à même de présenter ses observations. « Les manquements aux obligations déclaratives prévues à l’article 74 dans sa version modifiée par la présente proposition de loi sont passibles des mêmes sanctions. « Les modalités d’application du présent article font l’objet d’un décret pris après avis du Conseil d’État. »
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