Exposé des motifs
M esdames , M essieurs ,
Chaque année en France, environ 2 300 enfants et adolescents sont nouvellement atteints d’un cancer. Si le taux de survie à cinq ans dépasse désormais 80 %, ces pathologies demeurent la première cause de décès par maladie chez les enfants de plus d’un an. En outre, près de deux tiers des jeunes patients guéris souffrent ou souffriront de séquelles liées aux traitements reçus, voire de cancers secondaires. La lutte contre les cancers pédiatriques demeure ainsi un enjeu majeur de santé publique, qui exige une mobilisation constante de la recherche et des pouvoirs publics afin d’améliorer l’accès aux innovations thérapeutiques.
L’annonce d’un diagnostic de cancer chez un enfant constitue une épreuve particulièrement éprouvante pour les familles. Confrontés à l’urgence des décisions médicales et à la complexité des parcours de soins, les parents doivent pouvoir bénéficier d’une information claire, complète et transparente sur les différentes options thérapeutiques envisageables.
Au cours des dernières années, plusieurs propositions de loi relatives aux cancers pédiatriques ont été examinées par le Parlement. Si elles ont permis de faire progresser certains dispositifs de soutien à la recherche ou d’accompagnement des familles, elles n’ont pas pleinement répondu à plusieurs enjeux essentiels. Aucune n’a notamment abordé l’inscription dans notre droit d’une politique spécifiquement dédiée aux cancers pédiatriques, la garantie d’une information exhaustive des familles sur les options thérapeutiques disponibles ou encore l’accès à des traitements innovants accessibles dans d’autres États membres de l’Union européenne.
La présente proposition de loi vise ainsi à mieux prendre en compte les spécificités des cancers pédiatriques. Elle propose d’inscrire dans le code de la santé publique un volet spécifiquement consacré à ces cancers au sein de la politique nationale de lutte contre le cancer (Article 1 er ) . Cette reconnaissance législative permettra d’affirmer la nécessité de développer des traitements adaptés aux enfants et aux adolescents, de renforcer la recherche fondamentale et clinique dédiée à ces pathologies et de favoriser l’accès des jeunes patients aux essais cliniques et aux thérapies innovantes.
Le texte vise également à renforcer le droit à l’information des familles en garantissant aux titulaires de l’autorité parentale un accès clair et complet à l’ensemble des options thérapeutiques envisageables, qu’il s’agisse des traitements de référence, des traitements innovants accessibles ou des essais cliniques pour lesquels leur enfant pourrait être éligible. Cette transparence est indispensable à une décision libre et éclairée, prise dans l’intérêt supérieur du mineur. (Article 2)
La proposition de loi entend par ailleurs améliorer les perspectives thérapeutiques offertes aux enfants atteints de cancers graves ou rares en facilitant l’examen des demandes d’accès à des médicaments déjà autorisés ou faisant l’objet d’une utilisation encadrée dans un autre État membre de l’Union européenne lorsqu’aucune alternative appropriée n’est disponible en France. Elle garantit également que les familles soient pleinement informées de l’existence de ces options. (Article 3)
Enfin, le texte prévoit une mesure de soutien en faveur des parents confrontés au décès de leur enfant en leur permettant de conserver le bénéfice d’une demi‑part de quotient familial jusqu’au 31 décembre de l’année au cours de laquelle l’enfant aurait atteint l’âge de vingt et un ans. Cette disposition vise à reconnaître avec davantage d’équité et d’humanité la réalité durable du deuil parental et les conséquences qu’il génère. (Article 4)
Par ces dispositions, la présente proposition de loi entend renforcer la place des cancers pédiatriques dans notre politique de santé, améliorer l’accès à l’innovation thérapeutique, garantir une meilleure information des familles et apporter un soutien accru aux parents confrontés aux conséquences les plus dramatiques de la maladie.
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proposition de loi