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Sécurité
DéposéProposition de loi ordinaire

Renforcer les pouvoirs de police du maire en matière de prévention du risque d'incendie et à instituer une faculté d'exécution d'office des travaux aux frais du propriétaire défaillant

Où en est ce texte

  1. Étape actuelle : Déposéen attente d'examen
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En clair

Synthèse neutre, factuelle et sourcée

PourquoiLe contexte

La proposition de loi vise à renforcer les pouvoirs des maires en matière de prévention des risques d'incendie, en réponse à l'augmentation des incendies dans des zones auparavant peu touchées, comme l'a montré l'été 2022 en Gironde. Le cadre juridique actuel, notamment la loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023, a déjà introduit des obligations de débroussaillement, mais ne couvre pas tous les aspects de la sécurité des constructions. Les maires manquent de moyens pour agir sur des facteurs de vulnérabilité des bâtiments face aux incendies, ce qui justifie cette nouvelle législation.

▸3 sources dans le texte officiel
  1. [1] Exposé des motifs · alinéa 2« Le risque d’incendie de forêt, de lande, de maquis ou de garrigue ne se limite plus aux départements traditionnellement exposés. »
  2. [2] Exposé des motifs · alinéa 3« La loi n° 2023‑580 du 10 juillet 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification et l’extension du risque incendie a constitué une avancée importante. »
  3. [3] Exposé des motifs · alinéa 5« à défaut d’exécution volontaire par le propriétaire, la commune ne peut aujourd’hui s’appuyer que sur des procédures pénales ou des astreintes. »
QuoiCe que dit le texte

Le texte introduit plusieurs mesures pour permettre aux maires de mieux gérer le risque d'incendie. L'article 1er crée un pouvoir de police spéciale permettant au maire de prescrire des travaux de mise en sécurité sur des propriétés bâties ou non bâties en zone exposée. L'article 2 permet l'exécution d'office de ces travaux aux frais du propriétaire défaillant, avec un mécanisme de recouvrement. L'article 3 étend ce recouvrement aux travaux de débroussaillement déjà réalisés. L'article 4 prévoit des compensations financières pour les collectivités territoriales et l'État.

▸3 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article 1 er · alinéa 2« le maire peut, par arrêté motivé et après mise en demeure restée sans effet... prescrire aux propriétaires de terrains bâtis ou non bâtis la réalisation des travaux. »
  2. [2] Article 2 · alinéa 2« le maire adresse au propriétaire une seconde mise en demeure... qu’à défaut d’exécution dans un délai... il sera procédé d’office aux travaux à ses frais. »
  3. [3] Article 3 · alinéa 1« Le recouvrement de cette créance est garanti par le privilège prévu au IV de l’article L. 2213‑25‑2. »
Pour quiCe que ça change concrètement

Si le texte est adopté, les maires auront la capacité de prescrire des travaux de sécurité sur des propriétés exposées au risque d'incendie, avec un délai de mise en demeure. En cas de non-exécution, la commune pourra réaliser les travaux d'office et en récupérer les coûts auprès du propriétaire. Cela inclut des mesures comme l'élimination de matériaux combustibles et la remise en état des toitures. Les propriétaires qui s'opposent à ces travaux peuvent faire face à des amendes. Les collectivités seront compensées financièrement pour ces nouvelles charges.

▸3 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article 1 er · alinéa 2« la réalisation des travaux et mesures nécessaires à la prévention du risque d’incendie. »
  2. [2] Article 2 · alinéa 3« À l’expiration de ce délai, le maire peut faire procéder d’office à l’exécution des travaux. »
  3. [3] Article 2 · alinéa 7« Le fait de faire obstacle à l’exécution des travaux prescrits... est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 5e classe. »
ExempleCas concret avant/après

Jean, propriétaire d'une maison en zone exposée au risque d'incendie, a reçu une mise en demeure du maire pour retirer des matériaux combustibles stockés près de sa façade. Avant le texte, il pouvait ignorer cette demande sans conséquence immédiate. Après l'adoption de la loi, s'il ne réalise pas les travaux dans le délai imparti, la commune pourra les effectuer d'office et lui facturer les frais. Cela pourrait inclure l'élimination de ces matériaux et la remise en état de sa toiture, avec un coût récupéré par un privilège immobilier.

▸3 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article 1 er · alinéa 2« prescrire aux propriétaires de terrains bâtis ou non bâtis la réalisation des travaux. »
  2. [2] Article 2 · alinéa 3« le maire peut faire procéder d’office à l’exécution des travaux. »
  3. [3] Article 2 · alinéa 4« La commune avance les frais d’exécution des travaux. »
Chaque phrase est sourcée et liée à un alinéa précis du texte. Aucune affirmation ne provient d'une source externe ni d'une interprétation politique. Chaque référence renvoie au passage cité, reproduit plus bas sur cette page.

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Ce n'est pas un résultat : c'est une estimation, tirée du vote final de chaque groupe sur les textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée. Le vote réel peut être différent. La méthode et sa fiabilité

  • DEMPour · 100 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe DEM a voté pour 13 fois (100 %).

  • DRPour · 100 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe DR a voté pour 13 fois (100 %).

  • EPRPour · 100 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe EPR a voté pour 13 fois (100 %).

  • HORPour · 100 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe HOR a voté pour 13 fois (100 %).

  • LIOTPour · 100 %

    Sur les 12 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe LIOT a voté pour 12 fois (100 %).

  • UDDPLRPour · 100 %

    Sur les 7 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe UDDPLR a voté pour 7 fois (100 %).

  • RNPour · 85 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe RN a voté pour 11 fois (85 %).

  • ECOSPour · 77 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe ECOS a voté pour 10 fois (77 %).

  • SOCPour · 77 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe SOC a voté pour 10 fois (77 %).

Passages cités dans le texte officiel

Les alinéas sur lesquels s'appuie la synthèse ci-dessus, reproduits à l'identique. Le texte complet (4 articles) est dans l'onglet « Le texte ». Texte intégral sur assemblee-nationale.fr

  1. Exposé des motifs

    Alinéa 2Le risque d’incendie de forêt, de lande, de maquis ou de garrigue ne se limite plus aux départements traditionnellement exposés du pourtour méditerranéen. Les feux de l’été 2022 en Gironde, comme ceux survenus depuis dans des territoires jusque‑là peu concernés, ont montré que le changement climatique étend chaque année la surface du territoire national soumise à un aléa significatif. Cette évolution appelle un renforcement continu des outils juridiques mis à la disposition des maires, premiers responsables de la sécurité publique sur leur commune.
    Alinéa 3La loi n° 2023‑580 du 10 juillet 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification et l’extension du risque incendie a constitué une avancée importante, notamment en consolidant les obligations légales de débroussaillement (OLD) prévues aux articles L. 131‑1 et suivants du code forestier et en aggravant les sanctions applicables à leur inexécution. Ce dispositif demeure cependant circonscrit au traitement de la végétation. Or l’expérience des services d’incendie et de secours montre que la vulnérabilité d’une construction au feu tient tout autant à des facteurs qui échappent au champ du débroussaillement : stockage de matériaux combustibles contre les façades, toitures et gouttières encombrées de végétaux secs, absence de dispositifs de fermeture des ouvertures exposées. Sur ces points, le maire ne dispose aujourd’hui d’aucun pouvoir de prescription spécifique, alors même qu’il est en première ligne lorsque survient un sinistre.
    Alinéa 5Par ailleurs, l’effectivité des obligations existantes se heurte à une difficulté structurelle : à défaut d’exécution volontaire par le propriétaire, la commune ne peut aujourd’hui s’appuyer que sur des procédures pénales ou des astreintes, dont l’issue est lente et incertaine, sans faculté généralisée de se substituer au propriétaire défaillant pour faire réaliser les travaux elle‑même. Cette situation contraste avec ce que le droit permet déjà en matière de péril et d’insalubrité des bâtiments : les articles L. 511‑1 et suivants du code de la construction et de l’habitation autorisent de longue date le maire, ou le préfet selon les cas, à prescrire des travaux, à s’y substituer en cas de carence, à en avancer le coût et à en garantir le recouvrement par un privilège spécial immobilier. Rien ne justifie que cette même logique, éprouvée et validée par la jurisprudence administrative, ne soit pas transposée à la prévention du risque incendie, dont les enjeux de sécurité publique sont au moins aussi importants.

    Lire la suite dans le texte officiel

  2. Article 1 er

    Alinéa 2« Art. L. 2213 ‑ 25 ‑ 1 . – Dans les communes ou parties de commune exposées au risque d’incendie de forêt, de lande, de maquis ou de garrigue, délimitées par arrêté préfectoral ou comprises dans le périmètre d’un plan de prévention des risques naturels prévisibles mentionné à l’article L. 562‑1 du code de l’environnement, le maire peut, par arrêté motivé et après mise en demeure restée sans effet à l’expiration d’un délai qu’il fixe et qui ne peut être inférieur à un mois, prescrire aux propriétaires de terrains bâtis ou non bâtis la réalisation des travaux et mesures nécessaires à la prévention du risque d’incendie, notamment :
    Lire Article 1 er en entier
    Après l’article L. 2213‑25 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article L. 2213‑25‑1 ainsi rédigé : « Art. L. 2213 ‑ 25 ‑ 1 . – Dans les communes ou parties de commune exposées au risque d’incendie de forêt, de lande, de maquis ou de garrigue, délimitées par arrêté préfectoral ou comprises dans le périmètre d’un plan de prévention des risques naturels prévisibles mentionné à l’article L. 562‑1 du code de l’environnement, le maire peut, par arrêté motivé et après mise en demeure restée sans effet à l’expiration d’un délai qu’il fixe et qui ne peut être inférieur à un mois, prescrire aux propriétaires de terrains bâtis ou non bâtis la réalisation des travaux et mesures nécessaires à la prévention du risque d’incendie, notamment : « 1° L’élimination des stockages de matériaux ou produits combustibles situés à proximité immédiate des constructions ; « 2° La remise en état des toitures, gouttières et descentes d’eaux pluviales en vue d’éliminer l’accumulation de matières combustibles ; « 3° L’installation ou la remise en état de dispositifs de fermeture des ouvertures, occultants ou grilles pare‑flammèches, sur les façades exposées ; « 4° Toute mesure complémentaire aux obligations légales de débroussaillement prévues aux articles L. 131‑1 et suivants du code forestier, lorsque celles‑ci sont insuffisantes pour prévenir la propagation du feu à l’habitation. « La mise en demeure précise les travaux à réaliser, le délai imparti pour leur exécution et les conséquences d’une inexécution, notamment celles prévues à l’article L. 2213‑25‑2. Pour la vérification de l’exécution des travaux prescrits, le maire peut recourir à tout moyen de contrôle adapté, y compris aérien ou par drone, dans les conditions prévues pour le contrôle des obligations légales de débroussaillement. »
  3. Article 2

    Alinéa 2« Art. L. 2213 ‑ 25 ‑ 2 . – I. – Lorsque les travaux prescrits en application de l’article L. 2213‑25‑1 n’ont pas été exécutés à l’expiration du délai imparti, le maire adresse au propriétaire une seconde mise en demeure, par lettre recommandée avec avis de réception, l’informant qu’à défaut d’exécution dans un délai qu’il fixe et qui ne peut être inférieur à quinze jours, il sera procédé d’office aux travaux à ses frais.
    Alinéa 3« II. – À l’expiration de ce délai, le maire peut faire procéder d’office à l’exécution des travaux. L’arrêté d’exécution d’office rappelle l’ensemble des mises en demeure notifiées et la charge des frais ; il est notifié au propriétaire par lettre recommandée avec avis de réception et affiché sur le terrain ainsi qu’en mairie dix jours au moins avant le début des travaux.
    Alinéa 4« III. – La commune avance les frais d’exécution des travaux. Elle en recouvre le montant auprès du propriétaire par l’émission d’un titre de recette exécutoire, dans les conditions prévues par le code général des collectivités territoriales.
    Alinéa 7« VI. – Le fait de faire obstacle à l’exécution des travaux prescrits en application du présent article est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 5e classe. »
    Lire Article 2 en entier
    Après l’article L. 2213‑25‑1 du code général des collectivités, dans sa rédaction résultant de la présente loi, il est inséré un article L. 2213‑25‑2 ainsi rédigé : « Art. L. 2213 ‑ 25 ‑ 2 . – I. – Lorsque les travaux prescrits en application de l’article L. 2213‑25‑1 n’ont pas été exécutés à l’expiration du délai imparti, le maire adresse au propriétaire une seconde mise en demeure, par lettre recommandée avec avis de réception, l’informant qu’à défaut d’exécution dans un délai qu’il fixe et qui ne peut être inférieur à quinze jours, il sera procédé d’office aux travaux à ses frais. « II. – À l’expiration de ce délai, le maire peut faire procéder d’office à l’exécution des travaux. L’arrêté d’exécution d’office rappelle l’ensemble des mises en demeure notifiées et la charge des frais ; il est notifié au propriétaire par lettre recommandée avec avis de réception et affiché sur le terrain ainsi qu’en mairie dix jours au moins avant le début des travaux. « III. – La commune avance les frais d’exécution des travaux. Elle en recouvre le montant auprès du propriétaire par l’émission d’un titre de recette exécutoire, dans les conditions prévues par le code général des collectivités territoriales. « IV. – Le recouvrement de la créance mentionnée au III est garanti par un privilège spécial immobilier de même rang et de même nature que celui prévu à l’article L. 511‑19 du code de la construction et de l’habitation. Ce privilège est inscrit à la conservation des hypothèques à la diligence du maire. « V. – Les agents mandatés par le maire ou par la personne chargée de l’exécution des travaux ont accès aux propriétés concernées, dans les conditions prévues à l’article L. 131‑11 du code forestier, aux seules fins de réaliser les travaux prescrits. « VI. – Le fait de faire obstacle à l’exécution des travaux prescrits en application du présent article est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 5e classe. »
  4. Article 3

    Alinéa 1Le dernier alinéa de l’article L. 131‑16 du code forestier est complété par une phrase ainsi rédigée : « Le recouvrement de cette créance est garanti par le privilège prévu au IV de l’article L. 2213‑25‑2 du code général des collectivités territoriales. »
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Données issues du référentiel officiel de l'Assemblée Nationale (open data, mises à jour automatiquement chaque jour). Identifiant AN : DLR5L17N54885.