Alors que le décès d’un jeune ouvrier dans la Drôme suscite l’émoi, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou assure que les entreprises du secteur prennent les dispositions nécessaires face aux fortes chaleurs
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a assuré vendredi faire confiance aux entreprises du BTP pour préserver la santé des ouvriers en période de forte chaleur, alors que des voix s’élèvent pour demander une réglementation plus contraignante pour les protéger.
« Je sais que dans les entreprises, on fait ce qu’il faut pour que les ouvriers puissent travailler en préservant leur santé par rapport à ces chaleurs intenses », a déclaré M. Farandou au micro de BFMTV lors de la visite d’un chantier à Châteaufort, dans les Yvelines. « Météo France diffuse des avis par département […] à partir de là, les structures professionnelles, notamment le BTP, ont toute une palette de mesures qu’elles déclenchent », a-t-il expliqué, rappelant qu’un décret de 2025 a renforcé les obligations des employeurs en cas de forte chaleur.
Interrogé sur la nécessité de mieux adapter le Code du travail, le ministre a estimé qu'« il y a déjà beaucoup d’obligations faites aux entreprises ». « Chaque chef d’entreprise est responsable de la santé de ses salariés. […] Il doit analyser les risques liés à l’activité professionnelle et la chaleur intense en fait maintenant partie », a-t-il rappelé, en évoquant le décalage des horaires de travail, la fourniture d’eau ou encore les pauses.
De son côté, la Confédération générale du travail déplore que les inspecteurs du travail ne puissent pas faire arrêter immédiatement un chantier ou une activité s’ils constatent des mesures de prévention insuffisantes. Ces inspecteurs peuvent prononcer une mise en demeure, mais l’employeur dispose alors de huit jours minimum pour mettre en place des mesures, regrette le syndicat.
Selon M. Farandou, le nouveau plan santé au travail, établi tous les cinq ans et attendu la semaine prochaine, « aura un chapitre particulier autour de la transition écologique, du changement climatique ». « On va réactualiser un certain nombre de recommandations », a-t-il précisé.
Ce débat intervient après le décès, mardi dans la Drôme, d’un jeune de 19 ans qui avait travaillé sur un toit toute la journée avant de se sentir mal. Son père l’a emmené à l’hôpital de Die, où il est décédé, selon les gendarmes de la Drôme. Le parquet a ordonné une autopsie pour déterminer les causes du décès, alors que les températures maximales ont dépassé 32 °C à Die ce jour-là.
« C’est un drame humain […] qui me peine profondément », a réagi M. Farandou, tout en soulignant qu'« il faut laisser faire l’enquête pour établir avec précision la cause de cet accident mortel et, ensuite, l’évaluation des mesures prises par l’entreprise pour sécuriser au maximum la santé de ses salariés ».
Vendredi, la patronne des Écologistes Marine Tondelier s’est dite « très en colère », rappelant avoir proposé le 1er mai « la mise en place en France d’un congé climatique inspiré de ce qui s’est fait en Espagne » en cas de fortes chaleurs. Elle a reconnu que certains employeurs prenaient des initiatives, « mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Et c’est justement pour ça que sont faites les lois, […] pour mettre des limites aux employeurs, mettre des limites de chaleur qui sont tolérables et protéger les travailleurs », a-t-elle déclaré, dénonçant une « faute politique ».
