Un rapport parlementaire rendu public le 26 mai alerte sur le retard de la France dans la prise en charge des enfants autistes. Ses auteurs ont proposé 44 mesures pour réformer "un système à bout de souffle", qui continue de pénaliser les enfants et leurs familles. Le délégué interministériel aux troubles du neurodéveloppement, le Dr Etienne Pot, fait le point sur les avancées réalisées ces dernières années - car il y en a eu -, sur les causes structurelles des difficultés françaises, et sur les évolutions à mettre en œuvre rapidement. Entretien.
Comment réagissez-vous au rapport d’information publié par les députés Isabelle Santiago et Philippe Fait sur la prise en charge de l’autisme dans notre pays, qui pointe encore une fois un retard de "20 ans" ?
Les parlementaires dénoncent un désengagement de l’Etat dans le champ de l’autisme. J’ai un grand respect pour le travail qui a été mené, mais il me semble qu’au contraire, l’Etat se mobilise depuis quelques années déjà pour améliorer la prise en charge des enfants autistes en France. Sinon, la délégation interministérielle aux troubles du neurodéveloppement n’existerait pas. Dans le contexte budgétaire difficile que l’on connaît, nos budgets ont été sanctuarisés. Nous avons des référents dans toutes les agences régionales de santé. Il existe des centres de ressource autisme dans toutes les régions, et des plateformes de coordination et d’orientation (PCO) dans tous les départements.
