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santevia Le Figaro — Économie··3 min de lecture

«Cela va poser des problèmes d’accès aux soins» : «exclus» des aides carburants, les infirmiers libéraux en colère

Personnalités citées :Matthieu Reynet
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Le contexte

Les infirmiers libéraux en France sont confrontés à une hausse des prix du carburant, exacerbée par des conflits internationaux. Le gouvernement a mis en place des aides pour les travailleurs, mais de nombreux infirmiers estiment que ces mesures ne les concernent pas, ce qui soulève des inquiétudes quant à l'accès aux soins pour les patients.

Ce qu'il faut retenir

Les infirmiers libéraux critiquent les aides carburant du gouvernement, jugées inadaptées à leur situation. La plupart d'entre eux ne sont pas éligibles à l'aide 'grands rouleurs', ce qui entraîne des coûts supplémentaires pour eux. Les syndicats de la profession ont rencontré la ministre de la Santé, mais leurs demandes n'ont pas été satisfaites. Ils craignent que cette situation n'affecte l'accès aux soins pour les patients, notamment dans les zones isolées.

Ce que ça change

Cette situation pourrait entraîner une diminution de la disponibilité des soins à domicile pour les patients dépendants, augmentant ainsi le risque d'hospitalisations. Les infirmiers libéraux, déjà éprouvés par la crise sanitaire, se sentent ignorés par le gouvernement, ce qui pourrait affecter leur moral et leur engagement professionnel.

L'article complet

Source originale sur lefigaro.fr

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Les infirmiers libéraux estiment que les aides annoncées par le gouvernement pour faire face à la flambée des prix à la pompe liée au conflit au Moyen-Orient sont inadaptées, en particulier l’aide «grands rouleurs», accessible depuis mercredi.

«On n’a pas le choix de rouler. On ne peut pas diminuer notre consommation de carburant et on a une obligation de continuité des soins» . Alors que le guichet pour demander l’aide «grands rouleurs» a ouvert mercredi 27 mai , les infirmiers libéraux fulminent : la plupart n’y sont pas éligibles. Une situation «intenable» , déplore Matthieu Reynet, vice-président délégué de la Fédération nationale des infirmiers (FNI). Il souligne que certains professionnels déboursent actuellement jusqu’à 200 euros de plus par mois pour faire le plein, en raison de la flambée des prix à la pompe liée à la guerre au Moyen-Orient.

Face aux conséquences concrètes du conflit sur le portefeuille des Français, une aide pour les «grands rouleurs» a été créée par le gouvernement. D’un montant de 100 euros, elle est réservée aux travailleurs dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 16.880 euros par part et utilisant un véhicule personnel pour des trajets professionnels d’au moins 15 km (ou 8000 km par an). D’autres mesures ont également été annoncées par l’exécutif ces dernières semaines : des aides au carburant pour les pêcheurs, les agriculteurs et les transporteurs, étendues ensuite au BTP, ainsi que des «prêts flash carburant» de 5000 à 50.000 euros.

L’Union nationale des professions libérales (UNALP) dénonce l’exclusion des professions libérales de la plupart de ces aides, ainsi que des seuils de revenus «inadaptés à l’exercice libéral» qui vont «exclure la grande majorité des professionnels libéraux» . Selon l’étude «Emploi et revenus des indépendants» , publiée par l’Insee en mai 2025, les professionnels libéraux sont près de 1,3 million en France. Parmi eux, 44% exercent dans le secteur de la santé. Leurs revenus moyens atteignent 5900 euros mensuels, un niveau qui les place mécaniquement hors des critères d’éligibilité aux aides carburant. «Aujourd’hui, une infirmière, sauf cas particuliers, a une rémunération au-dessus des plafonds fixés par le gouvernement , explique Matthieu Reynet. Très peu d’infirmiers libéraux vont être éligibles aux aides annoncées.»

Les trois syndicats représentatifs de la profession ont été reçus par la ministre de la Santé. «On était d’accord. On ne demandait pas un chèque. Mais on souhaitait être reconnu comme étant des gros rouleurs professionnels, avec des récupérations de taxes ou des crédits d’impôts», précise Matthieu Reynet. Un rendez-vous qui «n’a abouti à rien», regrette-t-il. Les soignants redoutent désormais des conséquences directes sur les patients. La Fédération des prestataires de santé à domicile rappelle que 4,5 millions de Français dépendent de visites régulières pour des dispositifs médicaux essentiels : oxygène, perfusions, pompes à insuline... «Sans ces visites, ces gens seraient hospitalisés» , alerte l’organisation. Pour la FNI, le risque est clair : dans certains territoires isolés, des patients pourraient avoir de plus en plus de mal à trouver des infirmiers disponibles pour assurer les soins à domicile. «Cela va poser des problèmes d’accès aux soins» , prévient Matthieu Reynet.

Des critiques rejetées par le ministère de la Santé : «Nous n’avons pas d’oubliés des aides carburants. Ce sont des aides transverses et ciblées. Les IDEL (infirmiers diplômés d’État libéraux) y ont droit, comme tout le monde, sous réserve qu’ils respectent les critères d’accès.» Une réponse mal vécue par une partie de la profession, qui rappelle avoir été en première ligne pendant la crise sanitaire du Covid-19 . «Quand il y a eu le Covid, on était là. Quand il n’y avait pas de masques, on y allait avec des sacs-poubelles comme protections , rappelle Matthieu Reynet. En étant sourd aux demandes de la profession, cela donne un sentiment d’ingratitude.» Aucun nouveau rendez-vous avec le ministère n’est prévu pour l’heure, même si les discussions se poursuivent en coulisses.

Texte extrait depuis l'article original sur lefigaro.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur lefigaro.fr.

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