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santevia Sud Ouest··3 min de lecture

Obésité : les patients souffrant d’hyperphagie boulimique encore trop peu ou mal pris en charge

Personnalités citées :Sébastien GuillaumeNathalie GodartMagalie Miolanne
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Le contexte

L'hyperphagie boulimique est un trouble des conduites alimentaires qui touche une part significative de la population française. Malgré sa prévalence, elle reste souvent sous-diagnostiquée et mal prise en charge dans le système de santé. Les patients souffrant d'obésité et d'hyperphagie boulimique rencontrent des difficultés d'accès aux soins adaptés.

Ce qu'il faut retenir

L'hyperphagie boulimique est un trouble alimentaire fréquent, mais largement sous-diagnostiqué en France. Les patients souffrant de ce trouble ont souvent du mal à accéder à des soins appropriés, en particulier dans les centres spécialisés. Des efforts sont en cours pour améliorer la prise en charge, notamment à travers la feuille de route obésité 2026-2030 et le développement de traitements comme Wegovy et Mounjaro.

Ce que ça change

La prise en charge de l'hyperphagie boulimique pourrait s'améliorer grâce à des initiatives gouvernementales et à l'émergence de nouveaux traitements. Cela pourrait avoir un impact positif sur la qualité de vie des patients et sur la reconnaissance de ce trouble dans le système de santé français.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Malgré une prévalence élevée, l’hyperphagie boulimique reste un angle mort du système de santé français, marqué par un sous-diagnostic persistant et un accès aux soins difficile pour les patients souffrant d’obésité

Toujours un « angle mort » malgré des améliorations : la prise en charge des personnes souffrant à la fois d’obésité et d’hyperphagie boulimique, un trouble des conduites alimentaires (TCA), pâtit en France d’un sous-diagnostic et de difficultés d’accès aux soins, selon des spécialistes.

« Entre 20 et 30 % des personnes en situation d’obésité souffrent de TCA, principalement d’hyperphagie boulimique », expose Sébastien Guillaume, psychiatre au CHU de Montpellier. « C’est très fréquent mais c’est un peu un angle mort », relève-t-il. L’hyperphagie boulimique est un trouble psychique qui se caractérise par l’ingestion compulsive de grandes quantités de nourriture de façon incontrôlée dans un temps assez court, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

Contrairement à la boulimie, ces crises ne sont pas suivies d’un comportement compensatoire (utilisation de laxatifs, vomissements provoqués, etc.) et entraînent généralement un surpoids ou une obésité.

Au moins 3 à 5 % de la population serait touchée, selon la Haute autorité de santé, ce qui en fait le trouble alimentaire le plus répandu, devant la boulimie et l’anorexie. Pourtant, « malgré une tendance à l’augmentation, il reste largement sous-diagnostiqué et entouré de stigmatisation », déplore la Fédération française anorexie boulimie (FFAB), qui lui consacre sa semaine de sensibilisation à l’occasion de la journée mondiale des TCA, le 2 juin.

L’hyperphagie boulimique s’accompagne souvent de « honte, de culpabilité, les personnes n’osent pas en parler et des professionnels peuvent encore dire que c’est une question de volonté », rapporte Nathalie Godart, présidente d’honneur de cette Fédération.

Malgré sa prévalence, l’hyperphagie boulimique reste donc « peu repérée et prise en charge », constate Nathalie Godart, et la difficulté d’accès aux soins est encore plus importante pour les personnes combinant TCA et obésité. Ces personnes nécessitent une prise en charge spécifique, « mais un nombre extrêmement important n’y ont pas accès », affirme la psychiatre pour enfants et adolescents à la Fondation santé des étudiants de France. « L’offre existe, mais elle est insuffisante », abonde le Docteur Magalie Miolanne, vice-présidente du Groupe de coopération et de concertation des centres spécialisés obésité.

Vu leur complexité, les personnes en situation d’obésité souffrant d’hyperphagie boulimique doivent essentiellement être prises en charge dans ces centres spécialisés obésité (CSO), au nombre de 42 en France. Mais les délais globaux de prise en charge peuvent être longs : 3 mois à Clermont-Ferrand, plus d’un an à Lyon, détaille cette coordinatrice médicale du CSO CALORIS pour l’Auvergne. De plus, toutes les équipes spécialisées dans l’obésité ne sont pas forcément formées aux spécificités des TCA.

L’hyperphagie boulimique étant souvent associée à d’autres troubles psychiatriques, la prise en charge doit d’abord passer par de la psychothérapie, « ce qui ne fait pas maigrir et va être compliqué à accepter pour des patients » en obésité sévère, souligne Sébastien Guillaume. Ces patients ont aussi parfois une altération du système de récompense, des sensations et motivations, qui complique certaines approches diététiques, ajoute le psychiatre.

Des « améliorations » sont toutefois en cours, précise Sébastien Guillaume. Ainsi, la feuille de route obésité 2026-2030 prévoit de « soutenir le développement de la branche hyperphagie boulimique », en coordination avec les filières obésité et santé mentale, et d'améliorer la formation des professionnels. De son côté, la FFAB a commencé à travailler avec les centres spécialisés pour « former, informer et structurer une vraie filière obésité et TCA », indique le Pr. Nathalie Godart.

La prise en charge de l'obésité est bouleversée depuis l'arrivée des traitements comme Wegovy et Mounjaro, des analogues GLP-1, une famille de médicaments qui suscite aussi de grands espoirs pour les patients souffrant d'hyperphagie boulimique. Si les études restent peu nombreuses, « ces molécules semblent aider certains patients à diminuer l'impulsivité alimentaire » et les crises de boulimie, pointe le Docteur Magalie Miolanne, prévenant que ce n'est pas « une solution miracle ».

Actuellement, ces médicaments, remboursés dès mi-juin, ne sont pas recommandés pour traiter l'hyperphagie boulimique, mais ce trouble du comportement alimentaire n'est pas une contre-indication à leur utilisation. Attention cependant pour les patients avec un antécédent d'anorexie, chez lesquels ces traitements pourraient induire des « mésusages », avertit le Pr. Sébastien Guillaume. En psychiatrie, les anti-obésité ouvrent « plein de perspectives, mais il faut rester très précautionneux », faute de certitudes, insiste le psychiatre.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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