COURRIER INTERNATIONAL : La natalité est en berne en France. Cette année, pour la première fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l’Insee a enregistré plus de décès que de naissances . Étiez-vous surprise ?
MICHAELA WIEGEL : Pas vraiment, dans la mesure où la baisse était continue, et qu’on savait bien que ce moment allait arriver. Mais il est arrivé étonnamment vite. Il y a une explication démographique. Le nombre de femmes en âge de procréer diminue, mécaniquement ça fait moins de naissances. Mais aussi des facteurs conjoncturels. Beaucoup de parents renoncent au troisième enfant… Beaucoup renoncent même au premier parce que le “bon moment” ne vient pas. Le sentiment d’une crise économique qui s’éternise et des perspectives sombres pour l’avenir pèsent sur les Français.
Dans un monde en pleine baisse démographique, la France est-elle toujours vue comme le pays du “miracle de la natalité” ?
Dans le passé on pouvait être fasciné par l’exception française. Malgré le fait que, sur le plan des mœurs, l’Hexagone n’était pas régi par des règles religieuses strictes comme l’Irlande, la France était championne des naissances, alors que les femmes travaillaient, bénéficiant de toute une infrastructure et d’une ambiance sociétale très accueillante pour les enfants. La véritabl
Pourquoi les Français étaient les premiers à avoir moins d’enfants
