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justicevia Le HuffPost··4 min de lecture

Comment l’affaire Lyhanna entache le bilan déjà controversé de Darmanin depuis 2017

Par Tom Levy · Fondateur & directeur de la publication

Personnalités citées :Gérald DarmaninSébastien LecornuFrançois BayrouLaurent NunezMaud Bregeon
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Le contexte

Gérald Darmanin est ministre de la Justice depuis décembre 2024, après avoir occupé le poste de ministre de l'Intérieur. Son mandat est marqué par plusieurs controverses, notamment des accusations de violences policières et des critiques sur sa gestion des affaires judiciaires. L'affaire Lyhanna, qui a suscité une forte émotion nationale, met en lumière les failles du système judiciaire et la responsabilité du ministre.

Ce qu'il faut retenir

L'affaire Lyhanna a conduit Gérald Darmanin à faire face à des critiques sur sa gestion de la justice. Il a présenté des excuses à la famille de la victime et a tenté de défendre son bilan en matière de protection des enfants. Malgré les erreurs de communication et les critiques sur son incompétence, il bénéficie du soutien du gouvernement. La situation est compliquée pour lui, avec des enquêtes internes à venir et un projet de loi controversé à examiner au Parlement.

Ce que ça change

Cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la perception du ministre et sur sa capacité à mener à bien ses projets législatifs. Les enquêtes internes pourraient révéler des dysfonctionnements au sein de son administration, ce qui pourrait affecter son avenir politique. La situation est d'autant plus délicate dans un contexte de précampagne présidentielle.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

Depuis la fin de la semaine dernière où le corps de Lyhanna a été retrouvé, Gérald Darmanin est partout. Au 20h de TF1, en conférence de presse, au Sénat le 9 juin où il a été auditionné avec Laurent Nunez, à l’Assemblée nationale quelques heures plus tard sous l e feu roulant des questions et critiques des députés … Le garde des Sceaux se sait attendu. Car ce drame, par l’émotion qu’il suscite dans tout le pays, marquera son passage place Vendôme ainsi que le bilan qui sera fait de ses presque dix ans aux affaires.

En tant que ministre de la Justice, Gérald Darmanin une part de responsabilité dans les erreurs du système judiciaire qui ont pu permettre la mort de Lyhanna. Dès le 5 juin, le Garde des Sceaux a présenté ses « excuses » à la famille de la victime et « aux Français » . Mais il l’a fait « au nom de la Justice, comme ministre » et non comme personnalité politique en charge de la politique pénale. De même, il refuse d’être tenu comme seul responsable du drame, arguant qu’ il a érigé en « priorité » la protection des enfants dès son arrivée place Vendôme .

Il peut compter sur le soutien du Premier ministre. Après avoir tenu ses premières réunions uniquement avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice, Sébastien Lecornu a convoqué ceux de l’Éducation, de la Santé et de l’Égalité femmes-hommes mardi. Une façon d’élargir le périmètre de la lutte contre les violences faites aux enfants… Mais aussi de défocaliser l’attention sur le seul Garde des Sceaux - Laurent Nunez échappant à ce stade à l’indignation. L’exécutif et le gouvernement préfèrent interroger le fonctionnement interne des parquets, poser la question de la priorisation des dossiers ou de l’attention portée aux signaux d’alertes. Sous entendre une responsabilité individuelle permet de ne pas pointer l’action globale de leur ministre de tutelle. A fortiori quand celui-ci est une figure indéboulonnable du macronisme.

Les Premier ministre d’Emmanuel Macron passent, lui reste. Gérald Darmanin apparaît sur toutes les photos des gouvernements depuis 2017, à l’exception de celui très éphémère de Michel Barnier. Nommé ministre de l’Action et des Comptes publics dans le gouvernement d’Edouard Philippe en 2017, il y reste deux ans, avant de récupérer le portefeuille de l’Intérieur à l’arrivée de Jean Castex à Matignon. Sa nomination provoque un tollé, alors qu’il est visé par une plainte pour viol et une pour abus de faiblesse - un non-lieu a depuis été prononcé pour la première et la seconde a été classée sans suite.

Il conserve malgré tout le soutien du président de la République. Et les très nombreuses polémiques qui émailleront ses deux ans place Beauvau n'y changeront rien. Les violences policières de l’affaire Michel Zecler, ses accusations mensongères pour la finale de la Ligue des Champions 2024, la mort du jeune Nahel… Gérald Darmanin présente ses excuses, subit de légers recadrages, mais reste en poste. Et il le restera jusqu’à être nommé ministre de la Justice en décembre 2024 par François Bayrou. Un poste régalien de prestige, son deuxième après l’Intérieur.

Deux ans plus tard, l’affaire Lyhanna l’oblige à faire son bilan avant l’heure. À chaque occasion, le voilà qui rappelle son impossibilité légale à intervenir directement dans une affaire, défend les moyens alloués à la justice, détaille les circulaires qu’il a envoyées depuis son arrivée… Quitte, parfois, à tordre la vérité ou à commettre des erreurs.

Le 9 juin devant les sénateurs, le Garde des Sceaux affirme ainsi qu’ « on n’a pas compris que la garde à vue, c’était au début et pas à la fin » . Une déclaration qui a fait bondir nombreux professionnels du droit, puisque la garde à vue intervient justement à la fin d’une enquête lorsque celle-ci a permis d’établir suffisamment d’éléments qui justifient le recours à cette mesure de privation de liberté. L’erreur est grossière pour un ministre de la Justice et accrédite le procès en incompétence qui le suit depuis sa nomination .

Gérald Darmanin reste lui déterminé à prouver sa capacité à agir. Il s’est par exemple dit très mécontent de la transmission des dossiers d’un parquet à un autre par voie postale, un des éléments qui interrogent dans l’affaire Lyhanna. Devant la presse, il a cru bon de vanter la modernisation impulsée lors de ses passages à Bercy et à l’Intérieur, évoquant sa « réussite » sur l’impôt à la source, « la carte d’identité numérique ou le permis de conduire numérique. » Au risque de prêter le flanc aux reproches sur un manque d'actions similaires place Vendôme, alors qu’il y est installé depuis 18 mois. C’est presque autant que la durée de son bail à Bercy.

Si elle ne satisfait pas l’opinion, sa défense semble suffire au gouvernement. La porte-parole Maud Bregeon a ainsi salué son « courage » et « sa sincérité » estimant que son départ ne réglerait pas les problèmes. Pour autant, les prochains mois seront compliqués pour le ministre. Il lui faudra tout d’abord passer l’étape de la remise des enquêtes internes, qui mettront clairement en lumière les ratés de son administration, s’il y en a eu.

Puis viendra l’examen au Parlement de son projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes », augmenté de mesures prises dans l’urgence après la mort de Lyhanna mais diminué de sa mesure phare du « plaider-coupable », hautement controversée et retirée ce 10 juin, comme un aveu de faiblesse. Le tout, dans une atmosphère de précampagne présidentielle. Gérald Darmanin, qui n’a jamais exclu catégoriquement une candidature, entendait y jouer un rôle. Mais il risque bien d’avoir d’autres priorités, lui aussi.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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