Aller au contenu principal
Toute l'actualité
justicevia Sud Ouest··4 min de lecture

Disparition de Lyhanna : « Que fait-on de la parole de l’enfant dans notre procédure judiciaire ? »

Personnalités citées :Sébastien LecornuChristine MazeDavid Taupiac
PartagerXLinkedInWhatsAppEmail

Le contexte

La disparition de Lyhanna a soulevé des questions sur le traitement des plaintes pour viols sur mineurs en France. Le cas de Jérôme Barella, mis en examen, met en lumière des dysfonctionnements dans la procédure judiciaire et la prise en compte de la parole des enfants. Le débat sur la protection de l'enfance et l'efficacité du système judiciaire est d'actualité.

Ce qu'il faut retenir

La procureure d'Auch a été interrogée sur la gestion des plaintes concernant Jérôme Barella, qui n'avait pas été entendu malgré une plainte pour viol sur mineur déposée neuf mois auparavant. Le Premier ministre a souligné l'importance de prendre au sérieux la parole des enfants dans les procédures judiciaires. Une enquête administrative a été ouverte pour examiner les délais et les procédures suivies par les gendarmes et le parquet. Les avocats et magistrats interrogés ont exprimé des préoccupations sur les dysfonctionnements et le manque de moyens dans le système judiciaire.

Ce que ça change

Cette affaire pourrait entraîner des réformes dans la gestion des plaintes pour viols sur mineurs et souligner la nécessité d'améliorer la prise en compte de la parole des enfants dans le système judiciaire. Les questions soulevées sur les délais de traitement des dossiers et le sous-effectif au tribunal d'Auch pourraient également inciter à des changements dans l'organisation judiciaire.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

La chronologie des faits reprochés à l’homme mis en examen dans la disparition de la jeune fille suscite de nombreuses interrogations et indignations. Décryptage

La justice a-t-elle failli dans la prise en compte des plaintes visant Jérôme Barella ? Sans surprise, la courte conférence de presse de la procureure d’Auch Clémence Meyer ce mercredi a suscité une avalanche de questions. Et de commentaires. Un traitement des procédures judiciaires « tout à fait inacceptable », et « révélateur de notre mauvaise organisation, du fait que nous ne prenons pas au sérieux la parole de l’enfant », a pointé le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Au cœur du questionnement , une plainte déposée le 22 août 2025 dénonçant des faits de viol sur mineure par une autre famille, dépos&eacute...

Au cœur du questionnement , une plainte déposée le 22 août 2025 dénonçant des faits de viol sur mineure par une autre famille, déposée à la gendarmerie de Plaisance-du-Touch, à quelques kilomètres du Gers, mais dans le nord de la Haute-Garonne. Après dessaisissement du parquet de Toulouse au profit de celui d’Auch, au moment de la disparition de Lyhanna, l’homme n’avait toujours pas été entendu.

« Il y a un dysfonctionnement majeur, une absence de coordination totale. Ce n’est pas entendable », fulmine M e Christine Maze, l’avocate de l’association de protection de l’enfance La Mouette, qui vient de se constituer partie civile. Diligentée ce mercredi, l’enquête administrative confiée aux inspections des services judiciaires et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale sera très attendue.

Pourquoi, neuf mois après une plainte pour viols sur mineure, le mis en cause n’avait-il pas encore été entendu ? « Je comprends que cela soit difficile à entendre, mais ce délai n’a hélas rien d’exceptionnel. Sans me prononcer sur ce cas particulier, il faut relever que dans ce type d’enquête, la parole de la victime comme celle du mis en cause doit être confrontée à des éléments. Et une seule expertise peut déjà prendre plusieurs semaines », relève Ancelin Nouaille, vice-président de l’Union syndicale des magistrats.

Les inspecteurs devront reprendre chaque étape du parcours de la plainte. La transmission au parquet de Toulouse par les officiers de police judiciaire de Haute-Garonne est logique dans la mesure où il s’agit de leur parquet de référence. La première question portera sans doute sur les délais de transmission aux magistrats par les gendarmes, seulement en octobre. La plainte sera toutefois traitée et une expertise réalisée. La transmission au parquet d’Auch est également conforme à l’usage qui veut que le parquet saisi des investigations soit celui où les faits ont été commis ou celui où réside le mis en cause. Mais le dessaisissement acté le 28 octobre prend encore deux mois. « La dématérialisation permet de gagner du temps, mais elle est très récente. Et lorsqu’on est sur du papier, il y a inévitablement du temps perdu dans la transmission », note Ancelin Nouaille. Restera également la question des échanges entre le parquet d’Auch et les gendarmes de Lectoure en janvier 2026. Et quels actes ont été accomplis par les enquêteurs à la suite de ces consignes ?

« Ces délais sont anormaux mais pas exceptionnels, c’est notre quotidien », relève l’avocat pénaliste bordelais M e Charles Dufranc. Sauf bien sûr en cas d’urgence… « La dimension sérielle des actes reprochés au mis en cause n’a pas été détectée. Il faut comprendre pourquoi », poursuit M e Christine Maze. Un an auparavant, le parquet d’Auch avait classé sans suite une première plainte visant Jérôme Barella pour viol sur mineur… « Normalement, ce point doit alerter », souffle un magistrat. Pour le détecter, les parquets disposent depuis quelques années d’un outil qui centralise toutes les procédures, un logiciel baptisé Cassiopée. A-t-il été consulté ? Avait-il été correctement rempli ?

L’inspection ne pourra sans doute pas éviter des questions plus larges. « Que fait-on de la parole de l’enfant dans notre procédure judiciaire ? » questionne M e Maze. « On constate que depuis quelques années, faute de moyens pour tout traiter, la politique pénale met l’accent sur des thématiques, comme le narcotrafic, les violences intrafamiliales, observe M e Dufranc. Inévitablement, et c’est tragique, d’autres domaines sont moins investis. Et quand l’embolie touche l’urgence, il n’y a plus d’urgence. » Illustration de l’avalanche de procédures, récemment le procureur général de Toulouse avançait le nombre moyen de procédures pénales traitées en un an par chaque magistrat du parquet sur le ressort de la cour d’appel : 3 000.

Quid du petit tribunal d’Auch, dont le parquet comporte trois magistrats ? En avril 2025, une question parlementaire posée au garde des Sceaux par le député gersois David Taupiac sonnait l’alerte. « Le tribunal souffre d’un sous-effectif », écrivait le député. « Ces carences entraînent une surcharge de travail pour les magistrats en poste, allongeant ainsi les délais de traitement des dossiers et fragilisant le bon déroulement des procédures judiciaires », lançait-il, relevant par ailleurs « les défaillances récurrentes du logiciel Cassiopée ». Dans sa réponse, le garde des Sceaux n’en disconvenait pas, indiquant que « l’amélioration de la génération des documents et du partage des données constituent des chantiers prioritaires ». Celle-ci est datée du 19 août 2025.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

Newsletter quotidienne · gratuite · sans pub

Le brief politique du matin

L'actu politique française en 3 min, sans pub ni bullshit. Vulgarisations sourcées, articles agrégés des 35 grands médias FR — chaque matin à 7h.

  • Lois du jour vulgarisées (contexte, à retenir, ce que ça change)
  • 5 articles politiques marquants, sourcés
  • Aucune pub, aucune revente, désinscription en 1 clic
Fréquence

Sans publicité. Sans revente. Désinscription en 1 clic.

Le résumé semble incorrect ou orienté ? Signalez-le via le formulaire de contact — Civiqo applique une politique de neutralité stricte : nos règles éditoriales bannissent tout vocabulaire évaluatif et toute affirmation non sourcée.