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environnementvia Sud Ouest··3 min de lecture

Gestion de l’eau : comment EDF adapte centrales et barrages au changement climatique

Personnalités citées :Carine de BoissezonCécile LaugierLaurent Bellet
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Le contexte

EDF est un acteur clé de la production d'électricité en France, avec une dépendance significative à l'eau pour ses centrales nucléaires et hydroélectriques. Le changement climatique pose des défis croissants pour la gestion de cette ressource, notamment lors de vagues de chaleur ou de sécheresse. La nécessité d'adapter les infrastructures d'EDF est devenue cruciale pour maintenir la production d'électricité.

Ce qu'il faut retenir

EDF doit adapter ses installations pour faire face aux impacts du changement climatique sur la production d'électricité. La société consacre actuellement 150 millions d'euros par an à cette adaptation, avec un objectif d'atteindre 600 millions d'euros d'ici 15 ans. Les centrales nucléaires et hydroélectriques sont particulièrement affectées par les variations de débit et de température de l'eau, ce qui peut entraîner des baisses de production. EDF prévoit d'investir 4,5 milliards d'euros d'ici 2035 pour moderniser ses ouvrages hydroélectriques et renforcer leur sécurité face aux crues.

Ce que ça change

Les adaptations d'EDF face au changement climatique sont essentielles pour garantir la continuité de la production d'électricité en France. Ces investissements visent à minimiser l'impact environnemental et à assurer la résilience des infrastructures face aux événements climatiques extrêmes. Cela pourrait également influencer les politiques énergétiques et environnementales du pays à l'avenir.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Lors des vagues de chaleur comme lors des crues, EDF doit adapter ses installations, dépendantes de l’eau. Explications

Dans une France qui veut s’électrifier pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles, EDF doit relever le défi du réchauffement climatique qui pèse déjà sur la production d’électricité nucléaire et hydraulique, lors des vagues de chaleur comme des crues, l’obligeant à adapter ses installations.

« Si nous ne sommes pas résilients, le reste de l’économie ne l’est pas. Et, plus on va s’électrifier, plus la pression sera forte sur nous », souligne Carine de Boissezon, directrice Impact chez EDF, lors d’une présentation à la presse, sur le site de recherche et développement de Chatou (Yvelines), dédié à la gestion de l’eau.

Le sujet est crucial pour l’entreprise publique, pilier de la souveraineté énergétique du pays, dont le nucléaire assure 68 % des besoins en électricité et les barrages, 13 %. Dans les deux cas, l’eau est indispensable : pour faire fonctionner les turbines hydroélectriques et refroidir les centrales.

Dans un rapport de 2024, la Cour des comptes appelait les exploitants nucléaires et hydroélectriques à « intensifier leurs actions d’adaptation », notamment pour mieux gérer la contrainte croissante sur la ressource en eau. EDF consacre aujourd’hui 150 millions d’euros par an à l’adaptation climatique, un montant qu’elle prévoit de porter à 600 millions d’ici 15 ans - loin des 25 milliards d’euros d’investissements annuels prévus au total par l’entreprise.

Les réacteurs - 57 en France - doivent être refroidis en permanence, d’où leur implantation près d’une « source froide » : mer ou cours d’eau.

Or, en cas de sécheresse ou de canicule, la baisse du débit et la hausse de la température des cours d’eau contraignent EDF à réduire, voire arrêter sa production pour préserver l’environnement et la biodiversité. Elle ne peut alors rejeter d’effluents chimiques ou radioactifs ni réchauffer davantage les rivières via ses eaux de refroidissement.

Les centrales du Bugey, le long du Rhône, et celles de Civaux et de Golfech, dans le Sud-Ouest, sont notamment concernées par ces baisses de production pour raisons environnementales, parfois dès le mois de juin. L’effet sur la production nucléaire reste limité, avec une baisse annuelle estimée à 0,3 %. Mais selon les projections d’EDF, il pourrait s’accentuer pour atteindre en moyenne 1,4 % à l’horizon 2035, et 1,5 % en 2050.

Le refroidissement des centrales électriques représente la troisième activité consommatrice d’eau douce (12 %) en France, derrière l’agriculture et l’eau potable. Dans certaines centrales dites en circuit ouvert, jusqu’à 97 % de l’eau prélevée est restituée au milieu naturel, mais elle est alors 4 à 6 °C plus chaude après mélange.

Les autres réacteurs sont équipés de tours de réfrigération, reconnaissables à leur panache de vapeur. Si seulement 77 % de l’eau prélevée est restituée au milieu, celle-ci n’est réchauffée que de quelques dixièmes de degrés, tandis que le reste part en vapeur. L’électricien envisage d’installer des dispositifs supplémentaires, dits aéroréfrigérants de « purge », pour réduire à presque zéro degré l’échauffement des fleuves. Déjà en place à Civaux (Vienne), ils pourraient être déployés sur d’autres sites, comme au Bugey (Ain).

Sur certains sites, en période de très fortes chaleurs, les eaux de refroidissement sont temporairement stockées dans des bacs avant d’être rejetées. Ces récupérateurs sont aujourd’hui en « nombre suffisant », selon EDF. « Mais dans 10 ans, 20 ans, les étiages seront sans doute plus longs, plus secs, donc on étudie la possibilité de construire des réservoirs supplémentaires », souligne Cécile Laugier, directrice environnement à la division nucléaire. La centrale de Civaux en bénéficiera dès cet été.

Dans les barrages, les effets du changement climatique conduisent aujourd’hui à une baisse de la production annuelle de 0,2 %. L’enjeu principal ici est de gérer des épisodes climatiques extrêmes : « entre une année très sèche et une année très humide, on peut avoir plus ou moins 20 TWh d’écart », sur une production moyenne annuelle de 40 TWh, explique Laurent Bellet, responsable climat et adaptation à EDF Hydro.

Pour compenser ces baisses de production, EDF prévoit 4,5 milliards d’euros d’investissements d’ici 2035, pour moderniser et augmenter la puissance de ses ouvrages hydroélectriques. Ceux-ci sont aussi repensés pour renforcer leur sûreté face aux crues : une dizaine d’installations sont équipées d’évacuateurs en forme de « touches de piano », une technologie qui permet d’écouler 3 à 4 fois plus d’eau.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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