Ultimes déclarations, mercredi 27 mai, de Nicolas Sarkozy au procès en appel du financement présumé libyen de sa campagne présidentielle. L'ancien président a répété qu'il n'avait pas "trahi la confiance des Français". Ses avocats ont demandé la relaxe.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Nicolas Sarkozy vient de prendre la parole pour la toute dernière fois, mercredi 27 mai. Dans une salle bondée et surchauffée, il s'avance à la barre. La voix blanche, le visage crispé, il clame à nouveau son innocence : "Je n'ai pas trahi les Français. Je n'ai pas reçu un centime d'argent libyen" , jure-t-il, avant de confier à la Cour sa crainte de retourner en prison. "Maintenant je vais attendre, pas comme un ancien président mais comme un homme qui va se demander tous les jours en se réveillant, tous les soirs en se couchant, est-ce que je vais y retourner ?"
Il y a dix jours, dans un réquisitoire cinglant, les avocats généraux ont demandé sept ans de prison ferme à l'encontre de l'ancien président de la République. Pour l'accusation, il est le seul instigateur d'un pacte de corruption avec le régime libyen. Ses avocats ont pointé au contraire le vide abyssal du dossier, l'absence de preuves tout au long de ce marathon judiciaire, avant de plaider une relaxe pour Nicolas Sarkozy. "Treize ans qu'on cherche à impliquer Nicolas Sarkozy dans ce roman grotesque" , a Me Christophe Ingrain, avocat de l'ancien chef de file de la droite.
C'est Claude Guéant, absent des audiences pour raisons de santé, qui aura semé le doute dans ce procès en appel. Nicolas Sarkozy a tenté de le sacrifier, affirmant qu'à son insu, son fidèle collaborateur se serait fait piéger par les Libyens. Pire, il aurait été acheté par les hommes de Kadhafi. Par la voix de son avocat, Claude Guéant va alors révéler à la Cour que ses rencontres avec les proches du dictateur libyen se faisaient sur ordre de Nicolas Sarkozy. Un point de bascule, selon l'avocat de la partie civile : "Le procès que nous avons connu en appel n'a rien à voir avec le procès qui s'est déroulé en première instance. Il y a un étau qui s'est considérablement resserré contre la défense" , a déclaré Me Vincent Brengarth, avocat de l'association Sherpa.
Nicolas Sarkozy va maintenant devoir attendre six mois pour connaître le jugement, prévu le 29 novembre prochain.
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