Charles Alloncle le 5 mai 2026 à l'Assemblée nationale à l'Assemblée nationale - Thomas SAMSON / AFP
Un article embarrassant. Paris Match a dévoilé ce jeudi soir sur son site des photos du député Charles Alloncle (Union des droites), qui a explosé ces derniers mois en étant le rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public , accompagné de "sa compagne" pour "un moment de détente" dans les rues de Paris.
Problème: celle que l'hebdomadaire présente comme sa conjointe apparaît sur le site de l'Assemblée comme sa collaboratrice parlementaire. Pourtant, depuis la loi pour la confiance dans la vie politique qui date de 2017, il est interdit à un parlementaire "d'employer" "son "conjoint, partenaire lié par un PACS ou un concubin".
Dans la foulée de la publication de l'hebdomadaire, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a saisi le déontologue de l'Assemblée nationale "pour procéder à des vérifications", d'après des informations du Parisien, confirmées par BFM.
Parmi ces vérifications, le déontologue pourrait par exemple regarder si l'adresse du député est la même que celle de sa collaboratrice ou demander à auditionner ses autres assistants parlementaires.
Si cette relation amoureuse est confirmée, le déontologue peut "faire usage d'un pouvoir d'injonction pour faire cesser cette situation", précise la loi pour la confiance dans la vie politique. Concrètement, il serait alors demandé à Charles Alloncle de licencier sa collaboratrice parlementaire, sans que cela ne l'empêche de travailler pour un autre député avec qui elle n'a pas de lien privé.
Le député, pressenti pour devenir président du groupe UDR après l'élection d'Éric Ciotti à la mairie de Nice , assure ne pas s'inquiéter.
Le code civil définit le concubinage comme "une union de fait entre deux personnes, caractérisée par une vie commune stable et continue". Le statut de conjoint renvoie, lui, à une "personne mariée" avec son ou sa partenaire de vie.
L'élu explique également qu'il ne connaissait pas personnellement sa collaboratrice avant de l'embaucher en janvier 2025.
Chalres Alloncle fait également le lien entre "ces filatures en bas de chez moi, devant mon domicile, pendant mes courses" et ses travaux menés sur l'audiovisuel public. "Je suis assez convaincu qu'on ne m'attaquerait pas autant sinon".
Cette situation pourrait-elle mettre un frein à l'ascension express de Charles Alloncle? Méconnu du grand public jusqu'à la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, l'ancien président des Jeunes avec Sarkozy s'est mis en scène sur les réseaux sociaux pendant toute la durée de la commission, lui permettant de passer le mur du son.
Il faut dire que les centaines d'heures d'auditions ont été très souvent à couteaux tirés , notamment avec des visages bien identifiés de l'audiovisuel public comme l'animateur Nagui ou encore la présidente de France télévisions Delphine Ernotte.
La commission avait été lancée dans la foulée de la foulée de la polémique autour des deux journalistes du service public Thomas Legrand et Patrick Cohen . Les deux hommes étaient accusés de connivence avec les socialistes pour faire perdre Rachida Dati aux municipales à Paris, après la diffusion d'une vidéo filmée à leur insu avec des responsables du PS.
Les échanges avaient souvent été vifs également entre le président de la commission d'enquête Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) et Charles Alloncle. À plusieurs reprises, le député Horizons avait accusé son collègue de transformer les auditions "en tribunal médiatique" .
Sans que cela ne l'empêche de parvenir à faire adopter à l'arraché son rapport par la commission d'enquête après une réunion sous très haute tension . Une vraie victoire qui lui a permis de se rendre incontournable à l'extrême droite.
Le trentenaire a récemment déposé une proposition de loi pour "prévenir les conflits d'intérêt" pour les dirigeants de l'audiovisuel public. Charles Alloncle compte bien la défendre en juin lors de la niche parlementaire de l'UDR qui donne la main pendant une journée à son groupe sur l'agenda de l'Assemblée.
