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justicevia RFI — France··4 min de lecture

L'affaire Lyhanna, révélatrice des dysfonctionnements de la justice française

Personnalités citées :Laurent NuñezGérald DarmaninDavid TaupiacSébastien LecornuClémence MeyerAnne-Cécile Mailfert
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Le contexte

L'affaire Lyhanna concerne la disparition d'une collégienne de 11 ans, disparue depuis le 29 mai. Le principal suspect, connu des autorités pour des antécédents judiciaires, a été placé en détention provisoire. Cette affaire soulève des questions sur le fonctionnement de la justice française et la protection des mineurs.

Ce qu'il faut retenir

Un corps correspondant à celui de Lyhanna a été retrouvé, mais son identification doit être confirmée par une autopsie. Le suspect, avec un lourd passé judiciaire, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice ont ordonné des enquêtes administratives sur les dysfonctionnements de la justice. Les associations féministes critiquent la lenteur des procédures judiciaires et demandent des réformes.

Ce que ça change

Cette affaire met en lumière les failles du système judiciaire français, notamment en matière de protection des mineurs. Les enquêtes administratives pourraient entraîner des réformes et des sanctions, mais les associations féministes appellent à des mesures plus significatives pour prévenir de futurs abus.

L'article complet

Source originale sur rfi.fr

Un corps portant des vêtements similaires à ceux de Lyhanna, une collégienne de 11 ans disparue depuis le 29 mai, a été retrouvé jeudi 4 juin par les gendarmes près du village de Puycasquier, en Occitanie, mais une autopsie devra confirmer l'identité de la victime. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, ont ordonné l'ouverture d'enquêtes administratives sur d’éventuels dysfonctionnements de la justice. Le principal suspect a un lourd passé judiciaire, plusieurs fois accusé d’agression sur mineurs sans jamais avoir été inquiété.

Publié le : 04/06/2026 - 17:00 Modifié le : 04/06/2026 - 19:44

Un corps identifié comme étant peut-être celui de Lyhanna a été retrouvé ce jeudi en début d'après-midi par les gendarmes dans un silo d'une exploitation agricole, près du village de Puycasquier. Au sein de cette exploitation, « d ans un espace écarté d'une vue directe, le corps paraissant être celui d'un enfant a été retrouvé, porteur de vêtements similaires à ceux que la mineure enlevée et séquestrée portait au moment de sa disparition », a affirmé le procureur d'Agen Olivier Naboulet dans un communiqué. Une autopsie devra confirmer l'identité de la victime.

Vendredi 29 mai au soir, la collégienne de 11 ans qui vit à Fleurance, une petite ville du sud de la France , ne rentre pas à la maison ; ses parents alertent la police et des fouilles sont organisées dans toute la région. Plus d’une centaine de gendarmes sont mobilisés, accompagnés des habitants du village du Gers.

Le lundi 1er juin, un homme est placé en détention provisoire. Plusieurs témoins affirment l’avoir vu avec la jeune fille dans l’après-midi du vendredi. Des vidéos de surveillance corroborent l’information, on la voit monter à l’arrière de la voiture du quarantenaire. Ce sont les dernières images de la jeune fille. Le suspect a été mis en examen ce lundi pour enlèvement et séquestration d’un mineur de moins de 15 ans.

Deux jours plus tard, mercredi 3 juin, la procureure du tribunal d’Auch, Clémence Meyer, en charge de l’affaire, prend la parole. Le suspect a un lourd passé judiciaire, quatre plaintes ont été déposées contre lui ces dix dernières années.

Il y a moins d’un an, le 22 août 2025, une famille porte plainte pour viol sur une enfant de dix ans, une enquête est ouverte et est toujours en cours. À cela s’ajoutent deux procédures judiciaires classées sans suite. Un signalement en 2017 d’une mère de famille qui dénonce une relation entre sa fille de 17 ans et le suspect, à l’époque âgé de 30 ans. La relation étant consentie, la plainte est classée sans suite. Trois ans plus tard, en 2022, il fait l’objet d’une plainte pour viol sur mineur de moins de 15 ans. Également classée sans suite en 2024 pour infractions insuffisamment caractérisées. Tout récemment, une quatrième plainte pour viol sur mineur a été déposée dans le sud de la France début juin.

Le suspect était connu de la justice et des autorités, pourtant rien n’avait été mis en place pour le surveiller. La plainte déposée en août 2025 a mis six mois à parvenir aux gendarmes du village de la victime, ballottés entre les différents tribunaux de la région. D’après l’avocate du suspect, presque un an après les faits, son client n’a toujours pas été auditionné dans l’affaire.

Pour les associations féministes et les députés, ces nombreux signalements et la lenteur de la procédure toujours en cours sont révélateurs des dysfonctionnements structurels du système judiciaire français.

Mercredi, le député socialiste du Gers, David Taupiac, a interpellé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Celui-ci a assuré ouvrir une enquête administrative, elle sera confiée à l’Inspection générale de la Justice (IGJ) et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), les deux instances critiquées dans cette affaire.

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin s'est dit « terrifié » par le « dysfonctionnement » de la chaîne judiciaire dans l'affaire Lyhanna. « Nous sommes tous terrifiés par ce dysfonctionnement qui est révélateur, je crois, de notre mauvaise organisation », a déclaré le ministre à la presse lors d'un déplacement à Béziers. Il a assuré que l'enquête administrative ordonnée par le gouvernement serait rendue « publique », évoquant de possibles « sanctions ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunira vendredi les ministres de l'Intérieur et de la Justice « pour un point de situation dans l'affaire Lyhanna », a annoncé Matignon.

De son côté, la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, a annoncé rouvrir la plainte de 2022 classée sans suite et que les différentes enquêtes judiciaires encore en cours allaient se poursuivre et être regroupées. Une réponse qui ne satisfait pas les associations féministes. La Fondation des femmes appelle à une réponse plus large. Sur Instagram, Anne-Cécile Mailfert, la présidente de l’association, s’offusque : « On attendait quoi ? Qu’il viole d’autres enfants ? ».

La Fondation des femmes a participé avec 130 autres associations féministes à une proposition de loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles qui « attend sur le bureau de l’Assemblée nationale ».

Texte extrait depuis l'article original sur rfi.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur rfi.fr.

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