Alors qu’une loi intégrale contre les violences sexuelles avait été déposée fin 2025 et cosignée par une centaine de députés, elle n’a jamais été examinée par l’Assemblée nationale ou par le Sénat
Le Conseil de Paris a adopté mardi un vœu demandant l’inscription « dans les meilleurs délais » à l’ordre du jour parlementaire de l’examen d’une « loi intégrale » contre les violences sexuelles, réclamée par une coalition féministe et de défense des enfants après l’affaire Lyhanna.
« Nous invitons le gouvernement à se saisir en urgence du dossier pour l’inscrire à l’agenda parlementaire », a déclaré le maire PS Emmanuel Grégoire en ouverture du Conseil de Paris, qui a adopté le vœu à l’unanimité après avoir observé une minute de silence en hommage à Lyhanna.
« La mairie de Paris est la première des collectivités à adopter ce vœu pour une loi intégrale », a salué Florence Volt, porte-parole de la Fondation des femmes, membre d’une coalition féministe et de défense des enfants regroupant 150 associations et syndicats, reçue par Emmanuel Grégoire mardi matin.
« J’espère que d’autres collectivités emboîteront le pas pour venir nous soutenir », a ajouté la députée PS Céline Thiébault-Martinez, qui porte la proposition de loi. Plus d’un millier de manifestants se sont rassemblés lundi soir devant le ministère de la Justice à Paris et plusieurs tribunaux en France, déterminés à se battre jusqu’à l’obtention de cette loi qui propose des mesures couvrant divers domaines (justice, police, protection des enfants, santé, travail, etc.).
Une proposition de loi intégrale, comprenant 79 articles, avait été déposée fin 2025 et cosignée par une centaine de députés, mais n’a jamais été examinée. « Nous sommes traversés nous-mêmes par un scandale dans le périscolaire qui nous impose d’être à l’avant-poste en matière d’action concrète à mettre en œuvre et de moyens à mobiliser », a plaidé le nouveau maire socialiste devant l’assemblée parisienne, assurant « n’éluder en rien » le scandale qui secoue les écoles de la capitale.
« Une loi ne remplacera pas dix ans d’inaction. Les petits Parisiens méritent mieux qu’une ville qui assume enfin ses responsabilités », a taclé Maud Gatel (MoDem). « On se demande si vous ne multipliez pas les écrans de fumée », a commenté Florence Berthout, maire Horizons du 5e arrondissement.
L’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo a mis en place une commission d’enquête indépendante chargée de faire la lumière sur ce qu’il s’est passé à la ville depuis plus de dix ans. Jeudi, le Conseil de Paris doit installer une mission d’information et d’évaluation transpartisane sur le sujet, à la demande de l’opposition de droite.
