Alors que deux hommes ont été tués mardi soir, à Nantes et à Grenoble, sur fond de trafics de drogue, une réunion se tiendra vendredi à Matignon pour tenter d’apporter des solutions face à la criminalité organisée
Sébastien Lecornu présidera vendredi un comité interministériel consacré à la lutte contre la criminalité organisée, sur fond d’une recrudescence des règlements de compte liés aux trafics de drogue. Une dizaine de ministres seront présents, dont les ministres de l’Intérieur Laurent Nuñez et de la Justice Gérald Darmanin.
Le président Emmanuel Macron avait déjà organisé, le 18 novembre dernier à l’Élysée, une réunion en urgence consacrée à la lutte contre le trafic de drogue, après plusieurs faits criminels dont l’assassinat en pleine rue à Marseille de Mehdi Kessaci , le jeune frère d’Amine Kessaci, un militant très engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Quatre réunions au total se sont tenues à l’Élysée sur le sujet, la dernière le 17 mars.
De son côté, Laurent Nuñez avait affirmé à la mi-mai à Nantes sa « détermination » à « gagner » la « guerre » contre le narcotrafic au lendemain de la mort dans cette ville d’un adolescent dans une fusillade liée au trafic de drogue. Les violences et les actes d’intimidation liés à des rivalités entre trafiquants de drogues, parfois au mépris du risque pour les riverains, sont en progression depuis quelques mois.
Dans ce contexte, un jeune homme d’une vingtaine d’années a été tué par balle mardi soir à Nantes . « Un peu avant 22 h 00, […] deux individus au visage dissimulé, sur une moto, (ont pris) en chasse un jeune homme » âgé d’un peu plus de 20 ans, né en Guyane, « avant de faire feu sur lui », a révélé le procureur, Antoine Leroy.
« Il n’y a, cette fois encore, aucun doute sur le fait que ces événements s’inscrivent dans le cadre de règlements de compte liés au narcotrafic et aux guerres de territoires et de revenus qu’il génère », a poursuivi le magistrat. Une enquête a été ouverte pour meurtre en bande organisée.
Toujours mardi soir, un homme a été tué et quatre autres blessés par des tirs d’armes à feu près d’un point de deal dans un quartier sensible de Grenoble. Les victimes, des hommes âgés de 24 à 33 ans, présentent tous de lourds casiers judiciaires, a précisé mercredi le procureur Étienne Manteaux. L’homme tué, touché par deux balles au dos, sera autopsié jeudi. Quant aux quatre blessés, ils présentent « des blessures qui auraient pu être mortelles », et pour certains « ont manifestement eu beaucoup de chance », a-t-il détaillé.
Ces faits « apparaissent de façon évidente comme une riposte » à un autre homicide survenu dimanche dans la commune voisine d’Echirolles. Un corps avait alors été retrouvé dans une voiture incendiée avec des douilles à proximité. Selon le magistrat, il s’agit d’un « mineur de 16 ans ».
Ces six derniers mois, pas moins de dix hommes ont été tués par balles à Grenoble et dans sa banlieue dans le cadre d’affrontements entre narcotrafiquants qui, fait nouveau, filment leurs actes « pour impressionner » leurs rivaux, a déploré Etienne Manteaux.
