Près de 50 parlementaires appellent la grande distribution à reverser l’intégralité des marges réalisées lors des collectes alimentaires. Ils menacent de légiférer
Près de 50 députés de gauche et du centre ont appelé jeudi 11 juin 2026 la grande distribution à reverser aux associations l’intégralité des marges réalisées sur les produits vendus lors de collectes alimentaires, s’engageant à porter « une initiative législative » en ce sens.
Les associations aidant les quelque « 8 millions » de Français « confrontés à la précarité alimentaire » agissent « dans un contexte de tension croissante », avec des « ressources souvent insuffisantes », alerte le député écologiste Boris Tavernier, rejoint entre autres par François Ruffin (Debout !) et Clémentine Autain (L’Après).
« Contribuant à la chaîne de solidarité, vos magasins accueillent régulièrement des opérations de collectes solidaires », ajoutent les signataires du courrier adressé aux dirigeants d’E. Leclerc, Carrefour, Intermarché, Coopérative U, Auchan, Casino, Lidl et Aldi, appelés « à maximiser l’impact » de ces collectes. « Lorsqu’un citoyen fait un don, l’intégralité de son geste doit bénéficier à la solidarité alimentaire », plaident-ils, estimant qu'« aucune marge commerciale ne devrait pouvoir être conservée sur les produits achetés pour être donnés ».
« Cela est possible », insistent les députés, citant l’exemple des magasins Biocoop qui reversent 100 % de la marge réalisée sur les produits offerts aux associations par les clients lors de l’opération « collecte bio solidaire », organisée au niveau national depuis 2019 et dont la prochaine édition démarre vendredi. Ce modèle permet de renforcer les ressources des associations tout en augmentant « la confiance des citoyens dans le don », assurent les parlementaires, prenant « l’engagement de porter une initiative législative » pour qu’il devienne « la norme ».
Boris Tavernier évoque une possible « proposition de loi très courte » d’ici à la fin de l’année, malgré un agenda parlementaire déjà « bien rempli ». Mais « je veux encore croire » que les distributeurs, récemment étrillés par une commission d’enquête sénatoriale sur leurs marges, « sont capables de faire œuvre de solidarité » sans y être contraints, lance-t-il. « Il y a une urgence sociale très forte », assure le député, cofondateur de l’association Vrac France (Vers un réseau d’achat en commun), qui lutte contre la précarité alimentaire dans les quartiers populaires.
Selon Biocoop, la collecte de 150 000 produits en 2025 a permis à la coopérative et ses magasins de redistribuer plus de 220 000 euros aux structures bénéficiaires. Sur ce total, 58 000 euros, issus de la marge de la seule coopérative, ont été partagés entre deux associations, dont Vrac France.
