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parlementvia Le Figaro — Économie··4 min de lecture

Télévision, influenceurs, sponsoring... Cette proposition de loi qui veut durcir le ton sur la publicité pour les paris sportifs

Personnalités citées :Emmanuel Duplessy
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Le contexte

La proposition de loi sur la publicité pour les paris sportifs est portée par le député écologiste Emmanuel Duplessy. Ce texte vise à encadrer les pratiques publicitaires liées aux paris sportifs, notamment en raison de leur omniprésence dans l'espace public et des enjeux de santé publique associés. Le débat sur la régulation des jeux d'argent en France est en cours depuis plusieurs années, avec des préoccupations croissantes sur l'impact social et économique de ces activités.

Ce qu'il faut retenir

Le député Emmanuel Duplessy a présenté une proposition de loi visant à interdire les publicités télévisées pour les paris sportifs avant et après les événements sportifs. Le texte propose également d'interdire le sponsoring par des plateformes de paris et la promotion par des influenceurs. Duplessy souligne l'importance d'agir rapidement pour éviter une dépendance croissante du sport professionnel aux financements des paris. L'Association française du jeu en ligne conteste les chiffres avancés par Duplessy concernant les dépenses promotionnelles des opérateurs.

Ce que ça change

Cette proposition de loi pourrait modifier significativement le paysage publicitaire autour des paris sportifs en France, en limitant leur visibilité et en réduisant l'influence des jeux d'argent sur le sport. Si adoptée, elle pourrait également avoir des implications sur la santé publique en cherchant à diminuer les comportements de jeu problématiques.

L'article complet

Source originale sur lefigaro.fr

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Selon le député écologiste Emmanuel Duplessy, à l’origine de ce texte, les dépenses promotionnelles des plateformes de paris sportifs auraient déjà atteint 800 millions d’euros en 2026.

Spots télévisés, affiches dans le métro, placardées sur les bus... Difficile d’échapper aux publicités pour les paris sportifs , désormais omniprésentes dans l’espace public. Et d’autant plus à quelques jours de l’ouverture de la Coupe du monde de football, le 11 juin prochain. Mais ces dernières pourraient-elles bientôt ne plus avoir pignon sur rue ? C’est l’objectif d’une proposition de loi portée par le député écologiste (Génération.s) du Loiret Emmanuel Duplessy, présentée mercredi 3 juin à l’Assemblée Nationale.

Le texte repose sur trois mesures principales. La première, inspirée du modèle britannique, viserait à interdire les publicités télévisées pour les opérateurs de paris sportifs dans les quinze minutes précédant et suivant la retransmission d’un événement sportif. «C’est pendant la diffusion des matches que la pression publicitaire est la plus forte, note Emmanuel Duplessy. On en a eu une illustration lors de la finale de la Ligue des Champions avec quatre ou cinq publicités d’opérateurs de paris au moment du match.»

La proposition de loi entend également s’attaquer au sponsoring. Clubs, compétitions ou marques liées au sport ne pourraient plus associer leur image à des plateformes de paris sportifs . Pour le député, cette mesure vise à empêcher que «l’idée même du sport soit systématiquement liée à celle des jeux d’argent» . Un glissement culturel qu’il juge «mortifère» . Enfin, le parlementaire écologiste souhaite interdire aux influenceurs et personnalités d’internet de promouvoir ces plateformes, sur le modèle des restrictions imposées par la loi Évin pour le tabac et l’alcool.

Emmanuel Duplessy estime qu’il est nécessaire d’agir rapidement. Selon lui, le sport professionnel n’est pas encore structurellement dépendant des financements liés aux paris sportifs, même si ces derniers sont «dynamiques» . Mais si leur part venait à atteindre «10%, 15%, voire 20% des financements» , prévient-il, il deviendrait «difficile de faire machine arrière» .

Il y a aussi un enjeu de santé publique, estime le député . Celui-ci considère que les paris sportifs constituent «un cas d’école d’une activité qui coûte beaucoup plus cher à la société qu’elle ne lui rapporte» . Il s’appuie notamment sur l’écart entre les recettes fiscales générées par les opérateurs, estimées à environ 5 milliards d’euros, et le coût social et sanitaire des jeux d’argent, évalué à 15,5 milliards d’euros par l’association Addictions France, associée à la préparation du texte.

Cette vigilance est d’autant plus nécessaire, selon lui, que la Coupe du monde de football s’accompagne généralement d’un pic d’activité sur les plateformes et l’attraction de nouveaux joueurs. En s’appuyant sur les données publiées par les opérateurs eux-mêmes, Emmanuel Duplessy affirme que leurs budgets promotionnels ont atteint 800 millions d’euros en 2026, soit une hausse de 25%. Un chiffre démenti par l’Association française du jeu en ligne (AFJEL), selon laquelle les «dépenses promotionnelles des opérateurs représentaient 350 millions d’euros» , loin des 800 millions avancés par le député écologiste.

Par ailleurs, l’AFJEL a annoncé cette semaine, dans un communiqué, la mise en place de plusieurs mesures destinées à encadrer les pratiques durant la compétition. L’organisation promet notamment l’absence de publicités pendant les «pauses fraîcheur» prévues au cours des matches du Mondial, ainsi qu’un renforcement des contrôles d’identité et des dispositifs de détection des joueurs à risque. Nicolas Béraud, le président de l’AFJEL, assure que «les opérateurs agréés sont pleinement mobilisés afin que les paris sportifs associés à cette Coupe du monde demeurent un divertissement encadré, responsable et réservé aux adultes» .

Le cadre législatif régulant la publicité pour les paris sportifs demeure régi par la loi du 12 mai 2010, qui a institué l’Autorité nationale des jeux (ANJ) et lui confie notamment l’établissement de la liste des plateformes de jeux d’argent autorisées à faire de la publicité. Un décret de 2020 est venu préciser les motifs permettant à l’ANJ d’en faire suspendre certaines. Les communications commerciales doivent ainsi respecter plusieurs règles, dont l’interdiction de s’adresser directement aux mineurs, mais aussi de laisser entendre que le jeu favoriserait la «réussite sociale» ou que «jouer peut-être une solution face à des difficultés personnelles, professionnelles, sociales ou psychologiques» . Sur ces motifs, l’ANJ vérifie ainsi, avant la diffusion, les messages des publicités et dispose également d’une compétence de validation préalable des dépenses promotionnelles des plateformes. Un pouvoir «exceptionnel» en Europe, selon l’AFJEL.

Emmanuel Duplessy assure que sa proposition de loi a déjà reçu le soutien de plusieurs députés, issus des différentes formations de gauche, mais aussi des rangs de la formation d’Édouard Philippe Horizons. L’élu écologiste espère récolter assez de signatures pour présenter le texte à la rentrée prochaine à l’occasion d’une semaine transpartisane.

Texte extrait depuis l'article original sur lefigaro.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur lefigaro.fr.

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