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AdoptéRésolution Article 34-1

Mettre fin à la culpabilisation des victimes de violences physiques et sexuelles

Où en est ce texte

  1. Étape franchie : Dépôt
  2. Étape actuelle : Adoptévote de l'Assemblée
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En clair

Synthèse neutre, factuelle et sourcée

PourquoiLe contexte

La proposition de résolution intervient après une condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour avoir prononcé un divorce pour faute contre une épouse refusant des relations sexuelles avec son mari. Cette décision a mis en lumière une incohérence dans le droit français, où malgré la reconnaissance du viol conjugal, certaines décisions judiciaires imposaient encore une obligation sexuelle implicite dans le mariage. Le texte vise à corriger ces pratiques et à renforcer la protection des victimes de violences physiques et sexuelles, en s'appuyant sur des engagements nationaux et internationaux.

▸4 sources dans le texte officiel
  1. [1] Exposé des motifs · alinéa 4« France est condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme »
  2. [2] Exposé des motifs · alinéa 6« reconnaissance du viol conjugal en France »
  3. [3] Exposé des motifs · alinéa 32« proposition de résolution, nous soutenons une nouvelle ère juridique »
  4. [4] Article unique · alinéa 12« France ne respecte pas, autant que ses valeurs et ses principes »
QuoiCe que dit le texte

La résolution invite le gouvernement à réaffirmer l'obligation d'enregistrer toutes les plaintes pour violences, indépendamment de la gravité apparente des blessures. Elle appelle à établir des procédures judiciaires respectant la dignité des victimes, sans considération de leur vie privée. Le texte vise également à sensibiliser la société aux obstacles à la libération de la parole des victimes. Il s'appuie sur plusieurs textes internationaux et nationaux, soulignant l'importance du respect des droits individuels et de la lutte contre les violences domestiques et sexuelles.

▸4 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article unique · alinéa 14« réaffirmer l’obligation d’enregistrer l’intégralité des plaintes »
  2. [2] Article unique · alinéa 15« établir des procédures judiciaires à même de mieux assurer le respect »
  3. [3] Article unique · alinéa 16« favoriser la prise de conscience par l’ensemble de la société »
  4. [4] Article unique · alinéa 12« France ne respecte pas, autant que ses valeurs et ses principes »
Pour quiCe que ça change concrètement

Si adoptée, la résolution pourrait conduire à des changements dans la manière dont les plaintes pour violences sont traitées. Toutes les plaintes devraient être enregistrées, même sans blessures visibles. Les procédures judiciaires devraient garantir le respect de la dignité des victimes, sans jugement sur leur vie privée. Cela pourrait encourager plus de victimes à se manifester, sachant que leur plainte sera prise en compte sans préjugés. La société pourrait également devenir plus consciente des obstacles à la libération de la parole des victimes, ce qui pourrait réduire la stigmatisation.

▸3 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article unique · alinéa 14« réaffirmer l’obligation d’enregistrer l’intégralité des plaintes »
  2. [2] Article unique · alinéa 15« établir des procédures judiciaires à même de mieux assurer le respect »
  3. [3] Article unique · alinéa 16« favoriser la prise de conscience par l’ensemble de la société »
ExempleCas concret avant/après

Sophie, victime de violences conjugales, hésitait à porter plainte car ses blessures n'étaient pas visibles. Avant, sa plainte aurait pu être refusée. Avec la nouvelle résolution, sa plainte doit être enregistrée, peu importe l'apparence des blessures. Cela lui donne la confiance nécessaire pour chercher justice, sachant que sa situation sera prise au sérieux.

▸2 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article unique · alinéa 14« réaffirmer l’obligation d’enregistrer l’intégralité des plaintes »
  2. [2] Article unique · alinéa 15« établir des procédures judiciaires à même de mieux assurer le respect »
Chaque phrase est sourcée et liée à un alinéa précis du texte. Aucune affirmation ne provient d'une source externe ni d'une interprétation politique. Chaque référence renvoie au passage cité, reproduit plus bas sur cette page.

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Adopté

  • 263pour
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  • 0abstention

Groupe par groupe

  • RNPour

    66 pour · 0 contre · 0 abst.

  • 40 pour · 0 contre · 0 abst.

  • SOCPour

    37 pour · 0 contre · 0 abst.

  • EPRPour

    34 pour · 0 contre · 0 abst.

  • DRPour

    18 pour · 0 contre · 0 abst.

  • ECOSPour

    17 pour · 0 contre · 0 abst.

  • HORPour

    15 pour · 0 contre · 0 abst.

  • DEMPour

    15 pour · 0 contre · 0 abst.

  • LIOTPour

    6 pour · 0 contre · 0 abst.

  • GDRPour

    5 pour · 0 contre · 0 abst.

  • UDDPLRPour

    5 pour · 0 contre · 0 abst.

  • NIPour

    4 pour · 0 contre · 0 abst.

  • Sans groupePour

    1 pour · 0 contre · 0 abst.

Groupes d'aujourd'hui : un député a pu en changer depuis le vote.

Assemblée nationale et Sénat

Comment ce texte a été voté

  1. Assemblée nationaleLecture unique

    Adopté

    Scrutin public n° 1196 : 263 pour, 0 contre. Le vote de chaque député

Source : dossier législatif de l'Assemblée nationale.

Passages cités dans le texte officiel

Les alinéas sur lesquels s'appuie la synthèse ci-dessus, reproduits à l'identique. Le texte complet (1 article) est dans l'onglet « Le texte ». Texte intégral sur assemblee-nationale.fr

  1. Exposé des motifs

    Alinéa 4Ce jour‑là, la France est condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) après avoir prononcé un divorce pour faute aux torts exclusifs d’une épouse, en raison de son refus d’entretenir des relations sexuelles avec son mari. Les juridictions françaises avaient précédemment prononcé, puis confirmé après appel et pourvoi en cassation, la décision du divorce de Mme W. pour non‑respect des obligations liées au « devoir conjugal ». Épuisant tous les recours nationaux, l’épouse blâmée s’était alors tournée vers la justice européenne, avec le soutien déterminé de très nombreuses associations.
    Alinéa 6Cet arrêt met ainsi un terme à une incohérence majeure dans le droit français. En effet, malgré la reconnaissance du viol conjugal en France depuis le début des années 1990 par la chambre criminelle de la Cour de cassation ( [1] ) , des décisions nationales de justice civile continuaient d’instaurer une obligation sexuelle implicite dans le cadre du mariage.
    Alinéa 32Par cette proposition de résolution, nous soutenons une nouvelle ère juridique assurant une meilleure considération de la victime et de sa parole ainsi que la préservation des droits de toutes les parties.

    Lire la suite dans le texte officiel

  2. Article unique

    Alinéa 12Considérant que la France ne respecte pas, autant que ses valeurs et ses principes le commandent, le droit des individus à disposer de leur corps, et ses engagements nationaux et internationaux en matière de lutte contre les violences domestiques et sexuelles ;
    Alinéa 14Invite le Gouvernement à réaffirmer l’obligation d’enregistrer l’intégralité des plaintes déposées, indépendamment du caractère apparent et de la suffisance présumée des blessures subies ;
    Alinéa 15Invite le Gouvernement à établir des procédures judiciaires à même de mieux assurer le respect de la dignité de chacun du dépôt de plainte jusqu’au délibéré et ce, indépendamment de toute autre considération relative à la vie privée de la victime ;
    Alinéa 16Appelle le Gouvernement à favoriser la prise de conscience par l’ensemble de la société des freins à la libération de la parole des victimes et à lutter contre leur persistance.
    Lire Article unique en entier
    L’Assemblée nationale, Vu l’article 34‑1 de la Constitution, Vu l’article 136 du Règlement de l’Assemblée nationale, Vu l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen définissant la liberté comme le fait de pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, Vu la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, Vu la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes du 18 décembre 1979, Vu l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme établissant le droit de toute personne au respect de sa vie privée et familiale, Vu la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, Vu l’article 3 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne définissant le droit à l’intégrité de la personne, Vu l’article 16 du code civil relatif à la dignité humaine et au respect de l’intégrité corporelle, Vu les articles 222‑22 à 222‑33‑1 du code pénal définissant le viol, l’inceste et les autres agressions sexuelles, Considérant que la France ne respecte pas, autant que ses valeurs et ses principes le commandent, le droit des individus à disposer de leur corps, et ses engagements nationaux et internationaux en matière de lutte contre les violences domestiques et sexuelles ; Déplorant le jugement péremptoire du caractère légitime de la plainte et la recherche d’une atténuation de la responsabilité de l’auteur des faits, fondée sur la moralité supposée de la victime ; Invite le Gouvernement à réaffirmer l’obligation d’enregistrer l’intégralité des plaintes déposées, indépendamment du caractère apparent et de la suffisance présumée des blessures subies ; Invite le Gouvernement à établir des procédures judiciaires à même de mieux assurer le respect de la dignité de chacun du dépôt de plainte jusqu’au délibéré et ce, indépendamment de toute autre considération relative à la vie privée de la victime ; Appelle le Gouvernement à favoriser la prise de conscience par l’ensemble de la société des freins à la libération de la parole des victimes et à lutter contre leur persistance. ( [1] ) Cette jurisprudence a ensuite été inscrite dans le code pénal grâce à la loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs.
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Données issues du référentiel officiel de l'Assemblée Nationale (open data, mises à jour automatiquement chaque jour). Identifiant AN : DLR5L17N51480.