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L’Assemblée nationale,
Vu l’article 88‑4 de la Constitution,
Vu l’article 151‑5 du Règlement de l’Assemblée nationale
Vu le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, notamment son article 346,
Vu la directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics, notamment ses articles 15 et 32,
Vu la directive 2014/25/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 relative à la passation de marchés par des entités opérant dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des transports et des services postaux,
Vu la directive 2009/81/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 relative à la coordination des procédures de passation de certains marchés de travaux, de fournitures et de services dans les domaines de la défense et de la sécurité,
Vu la décision n° 1313/2013/UE du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relative au mécanisme de protection civile de l’Union,
Vu l’article L. 1113‑1 du code de la commande publique,
Considérant la multiplication des crises de sécurité civile auxquelles font face la France et les autres États membres de l’Union européenne, dont les feux de forêts d’ampleur exceptionnelle, comme celui du massif des Corbières en août 2025 ou ceux qui frappent à nouveau le pays en cette année 2026, les inondations majeures, les risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques et les menaces hybrides ;
Considérant la nécessité de doter rapidement les services de sécurité civile d’équipements modernes et performants, ainsi que de capacités structurantes telles que les moyens aériens de lutte contre les feux de forêt ;
Considérant l’émergence de projets industriels souverains français et européens en matière d’aéronefs bombardiers d’eau, tels que le Frégate F100 porté par la société Hynaero avec le soutien d’Airbus et du programme France 2030 ;
Considérant que le cadre actuel de la commande publique européenne, issu des directives 2014/24/UE et 2014/25/UE, ne prévoit pas de régime dérogatoire propre aux marchés de sécurité civile, alors même qu’un tel régime existe pour les marchés de défense et de sécurité au titre de la directive 2009/81/CE ;
Considérant que la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne reconnaît aux États membres, sur le fondement de l’article 15 de la directive 2014/24/UE lu à la lumière de l’article 346 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, une marge d’appréciation pour définir leurs intérêts essentiels de sécurité, mais que cette marge demeure étroite et soumise à un contrôle au cas par cas ;
1° Invite le Gouvernement à porter, au sein des instances européennes, une demande de révision des directives 2014/24/UE et 2014/25/UE afin d’y intégrer un régime dérogatoire propre aux marchés concourant à la protection des intérêts essentiels de sécurité de la Nation en matière de sécurité civile ;
2° Souhaite que cette révision permette de couvrir, à tout le moins, deux catégories de marchés : ceux portant sur des capacités opérationnelles concourant à la protection de la population, du territoire ou des infrastructures critiques contre des menaces majeures, telles que les moyens aériens de lutte contre les feux de forêt ; ceux passés en situation d’urgence impérieuse ;
3° Invite le Gouvernement à promouvoir, dans l’attente d’une telle révision, une interprétation extensive de l’article 15 de la directive 2014/24/UE et de l’article 346 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, afin de sécuriser juridiquement les achats nationaux en matière de sécurité civile lorsque la protection des intérêts essentiels de la Nation l’exige.